17 octobre 1961: Un crime d’Etat qui doit être officiellement reconnu.

DÉCLARATION DU FUIQP

Il y a déjà 60 ans, en pleine guerre d’Algérie, plusieurs dizaines de milliers d’Algériennes et d’Algériens descendaient pacifiquement dans les rues de Paris à l’appel de la Fédération de France du FLN pour protester contre le couvre-feu imposé de manière discriminatoire aux seuls Algériens par le préfet Maurice Papon et pour la libération de leur pays. Car les manifestations du 17 octobre 1961 furent d’abord un acte de courage et de résistance face à l’arbitraire colonial.

Il y a déjà 60 ans la police française commettait dans les rues de Paris le massacre de dizaines de manifestantes et manifestants algériens qui défilaient pacifiquement. Il s’agissait du plus grand massacre de toute l’histoire contemporaine française, depuis la Commune de Paris de 1871. Ce massacre a été commis dans une indifférence quasi-générale, sans mobilisation pour le dénoncer et sans même pendant des décennies de commémorations militantes de la part des forces démocratique et de gauche françaises.  

Il y a déjà 40 ans les héritiers de ces Algériens assassinés commençaient leurs mobilisations pour que soit reconnue officiellement ce massacre comme crime d’Etat et pour que toute la vérité soit faite sur les responsabilités de celui-ci. Ce sont ces mobilisations, d’abord modestes et en nombre limité et ensuite plus conséquentes et en plus grand nombre, qui brisèrent la chape de plomb qui pesait sur ce crime d’Etat. Depuis de nombreux travaux d’historiens sont venus documenter le massacre, en souligner le caractère prémédité, l’ampleur de la violence mise en action, les rafles massives et expulsions qui l’ont accompagnées, etc.   

Il y a déjà 9 ans, le 17 octobre 2012, que nos mobilisations ont conduit le président de la République François Hollande à reconnaître officiellement ce qu’il a, à l’époque dénommé, de manière euphémique « une répression sanglante », expression que reprendra presque mot pour mot le président Macron, six ans plus tard en parlant de « répression violente ». Ces reconnaissances euphémisées sont à la fois le résultat de nos mobilisations rendant impossible la chape de plomb antérieure et une tentative pour éviter que toute la lumière soit faite et toutes les responsabilités rendues publiques sur ce crime d’Etat.

 D’autres procédures sont également déployées depuis plusieurs années avec les mêmes objectifs : présenter le 17 octobre 1961 comme étant de la seule responsabilité du préfet Papon, découper les faits de cette journée des séquences qui l’ont précédées et suivies qui sont elles aussi caractérisées par une violence d’Etat quotidienne contre les Algériens en général et contre les militants indépendantistes en particulier ; faire abstraction du contexte de négociation avec le FLN pour l’indépendance c’est-à-dire occulter que le massacre a été sciemment utilisé comme arme de realpolitik, etc.

Certaines reconnaissances officielles peuvent ainsi prendre la forme d’un enterrement de la question posée. C’est pourquoi le FUIQP appelle à la vigilance et à la mobilisation pour que les véritables enjeux soient posés et l’ensemble des responsabilités dénoncées. Faute de cela la reconnaissance officielle sera un piège, nos indignations se mueront en commémoration consensuelle mais elles seront vidées de tout contenu politique c’est-à-dire qu’elles seront dévitalisées et désincarnées.

Ce n’est pas que pour le passé que nous avons besoin d’une reconnaissance réelle et totale des massacres du 17 octobre 1961 mais aussi pour aujourd’hui et pour demain. C’est dans ce massacre d’Etat et dans de nombreux autres actes de l’Etat pendant cette période particulièrement, pendant la période coloniale plus largement, que s’origine le racisme systémique et le racisme d’Etat contemporain.

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A propos de la validation par le Conseil d’Etat de la dissolution du CCIF

Refusons l’antiracisme à durée déterminée

Sans surprise le Conseil d’Etat a validé le 24 septembre la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Au prétexte de la lutte contre « l’islamisme » c’est ainsi à une association antiraciste que s’attaque le gouvernement. Alors que l’islamophobie est une des formes du racisme contemporain les plus présentes dans l’hexagone et la plus en développement, une des rares associations se consacrant à la combattre se voit priver de ses moyens d’action. Cette validation du conseil d’Etat se déploie en outre dans un contexte médiatique et politique de libération de la parole raciste en général et islamophobe en particulier, de banalisation des idées d’un Zemmour du fait de la promotion médiatique dont il bénéficie, de focalisation de la campagne des présidentielles sur les questions de l’identité, de l’immigration, de l’islam, etc.

Suite à cette décision du Conseil d’Etat de nombreuses associations se sont exprimées individuellement ou collectivement pour condamner la validation du conseil d’Etat et en souligner les dangers. Le FUIQP s’associe évidemment à ces condamnations. Notre organisation ne cesse, en effet, d’appeler à la mobilisation contre l’islamophobie depuis plusieurs décennies et à souligner le caractère central de cette forme de racisme dans l’offensive idéologique dominante réactionnaire.

Toutefois, force est de constater le caractère tardif de la prise de conscience, des dangers portées par l’islamophobie, par un certain nombre de ces associations. De même, de nombreuses associations sont restées silencieuses au moment des mobilisations contre la loi sur le « séparatisme » dont une des conséquences les plus immédiates est l’épée de Damoclès de la dissolution pour faire taire les voix dissidentes. Cette loi du 24 août 2021 dite « confortant les principes de la République » n’a pas eu la réponse militante qu’elle méritait, alors qu’elle est une loi d’exception et une expression du racisme d’Etat, du fait du silence de certains d’une part et du choix de privilégier le combat contre l’autre loi liberticide de la période d’autre part : la loi sur la sécurité globale.  Ce double standard de la mobilisation face à ces deux lois a été ressenti comme un isolement objectif par de nombreux habitants des quartiers populaires et par les groupes militants qui se sont mobilisés contre la loi sur le séparatisme.

La conclusion essentielle de cette amère expérience est plus que jamais la réaffirmation de la nécessité de bâtir une organisation autonome des héritiers des luttes des immigrations et des quartiers populaires sans laquelle nos préoccupations premières continueront d’être reléguées à un rang second de l’agenda des mobilisations ; sans laquelle le paternalisme et le fraternalisme continuera de régner dans les rapports aux populations héritières de l’immigration et des quartiers populaires ; sans laquelle l’antiracisme folklorique restera prédominant ; sans laquelle nous resteront cantonnés dans le rôle de « réserve de bulletins de vote » pour les rabatteurs de tous poils et les antiracistes à durée déterminée [la durée de chaque campagne électorale] ; etc.

Subissant directement l’islamophobie, notre engagement ne saurait être déterminé par autre chose que la défense de nos droits et de nos libertés.

Il est grand temps de nous organiser et de s’unir pour ne plus subir

Lettre antiraciste à son député

  • Et si on se mobilisait encore ces dernières heures avant le vote solennel à l’Assemblée nationale qui aura lieu fin juin?
  • Nous vous proposons d’envoyer un E-mail à votre député.
  • Vous trouverez leur adresse mail via ce lien en mettant votre code postal ou ville : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/vos-deputes
  • Voici un mail type , il vous suffira de copier et coller !

Mesdames et Messieurs les député-e-s,

Alors que vous vous apprêtez à voter en deuxième lecture le projet de loi « séparatisme » rebaptisé « loi confortant les principes républicains » à l’Assemblée nationale, nous vous interpelons sur le caractère anti-démocratique, raciste et liberticide de cette loi qui va accentuer et entériner la désignation des musulmanes, des musulmans et des personnes perçues comme telles, comme ennemis de l’intérieur.

Cette loi fait encourir le risque d’une dérive vers un apartheid qui ne dirait pas son nom car ce sont bien les musulman-e-s qui sont ciblés sous le prétexte de lutte contre le séparatisme.

Ainsi, malgré tous vos efforts pour cacher le fait que de cette loi rompt le principe d’égalité, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ou Amnesty international ont alerté sur ce projet qui, selon la formule de la CNCDH, « fragilise les principes républicains au lieu de les conforter ».

Cette loi liberticide frappera d’autres personnes par extension, car lorsqu’un régime libéral renforce son autoritarisme sous le prétexte de la sécurité, c’est toujours aux dépens de la liberté de tous même si elle vise au départ une seule catégorie de la population.

Par conséquent, nous vous invitons vivement à réfléchir en votre âme et conscience avant de voter cette loi liberticide et raciste qui engage toute la société française vers une pente dangereuse.

Contre la criminalisation du soutien à la Palestine

Soutien à Walid Atallah, porte-parole de l’Association des Palestiniens d’Île de France

Walid Atallah, porte-parole de l’Association des Palestiniens d’Île de France, est convoqué aujourd’hui, jeudi 20 mai 2021 à 15h, dans les bureaux de la brigade de répression de la délinquance contre la personne. Il est mis en cause dans le cadre d’une procédure judiciaire pour « organisation d’une manifestation interdite ». Les faits se sont déroulés à Paris le samedi 15 mai 2021 à Paris.

Cette manifestation en commémoration de la Nakba et en soutien au peuple palestinien avait été autorisée par la préfecture de police de Paris le 12 mai avant d’être interdite le 13 suite aux instructions du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui cherche à criminaliser toute forme de solidarité avec la Palestine.

Nous condamnons fermement cette convocation d’un militant palestinien connu pour son engagement contre le colonialisme et en faveur de la Palestine, comme nous condamnons l’interdiction de la manifestation du 15 mai 2021 à Paris et la répression menée par la police dans le quartier de Barbès contre les manifestants qui ont courageusement bravé cette interdiction liberticide.

Nous rappelons que la France est un des rares pays dans le monde à avoir interdit les manifestations ou les rassemblements de soutien au peuple palestinien. Étrange conception du droit et de la liberté pour un pays qui ne cesse de se targuer d’être la « patrie des Droits de l’Homme » ?

Nous, FUIQP, exprimons notre soutien à Walid Atallah, à l’Association des Palestiniens d’Île de France et plus généralement à tous ceux et toutes celles qui sont attaqués pour avoir légitimement exprimé leur soutien à la résistance du peuple palestinien contre la colonisation.

Occuper est un crime, Résister est un droit

Communiqué du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)

Paris, 20/05/2021



Des milliers pour la Palestine à Barbès, malgré l’interdiction et la répression

Des milliers de manifestants ont bravé l’interdiction de manifester samedi 15 mai en soutien à la lutte du peuple palestinien, pour dénoncer les crimes de guerre d’Israël, et la complicité de l’État français incarné par Macron.

Des milliers ont manifesté jusqu’à la République et dans le nord de Paris, malgré les moyens de répression exceptionnels : 4200 policiers et gendarmes déployés contre les manifestants, des canons à eau, des charges, des nassages et des gazages.

Macron et Darmanin prétendaient « empêcher une importation du conflit », ils n’ont fait qu’importer en pleine capitale le traitement colonial des quartiers populaires : bouclage policier et fermeture forcée des transports en commun et des commerces de la moitié du 18ème arrondissement.

Dans toute la France, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pacifiquement leur soutien à la lutte du peuple palestinien. C’est l’interdiction de la manifestation parisienne qui a provoqué les heurts et la colère en bafouant un droit inaliénable.

Toute notre solidarité va aux blessés et aux emprisonnés suite à la répression de la manifestation. Nous appelons l’ensemble des citoyens et des organisations attachées aux libertés à nous aider à les défendre.

Nous appelons également toutes et tous a rester attentifs aux prochaines mobilisations qui auront lieu si la situation en Palestine perdure. Le 15 mai, journée de commémoration de la Nakba – expulsion des Palestiniens en 1948 – des manifestations ont eu lieu partout en Palestine occupée et ont été durement réprimée. Israël intensifie également chaque jour ses frappes aériennes et ses tirs d’artillerie sur la bande de Gaza.

La solidarité et la discipline dont ont fait preuve les milliers de manifestants leur a permis de tenir la rue, de faire entendre nos slogans de soutien à la lutte du peuple palestinien :

Israël assassin, Macron complice !

Soutien à la résistance du peuple palestinien contre la colonisation et l’occupation !

____________________________

Premiers signataires :

Action Antifasciste Paris Banlieue

Acta

AFPS Paris 14-6

Alternatives et Autogestion

Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)

ANC

Association Marocaine des Droits Humains ( AMDH ) Paris/IDF

Association de Palestiniens en IdF

ATMF

CAPJPO-EuroPalestine

CGT énergie Paris

Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

Coordination contre la loi séparatisme

Emancipation tendance intersyndicale

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)

Fondation Frantz Fanon

Forum Palestine Citoyenneté

Front contre l’islamophobie et pour l’égalité des droits de tou-te-s

FUIQP

ISM-France

Islam&Info

Montreuil Palestine

Paroles D’Honneur

PIR

Pour une Écologie Populaire et Sociale

Rete dei Comunisti (Italie)

UJFP

UL CGT Paris 18

Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne (UTAC)

Occuper est un crime, Résister est un droit

Depuis plus de trois semaines l’armée israélienne et des bandes de suprémacistes israéliens s’attaquent aux Palestiniens de Jérusalem aux cris de « mort aux Arabes » dans un silence assourdissant des grands médias et du gouvernement.

Depuis plus de trois semaines des soldats et miliciens sionistes tentent d’interdire l’accès à Jérusalem et aux lieux saints en plein ramadan sans que l’information ne filtre dans les colonnes ou les ondes des grands médias ou ne suscite la moindre condamnation officielle en France. Le 7 et le 10 mai l’armée israélienne lance des assauts contre la Mosquée al-Aqsa sans que cela ne fasse sortir notre presse et notre gouvernement démocratiques de leur mutisme.

Depuis plus de trois semaines l’armée et des milices fascistes répriment violemment les manifestations palestiniennes protestant contre les expulsions forcées de familles palestiniennes de leurs habitations du quartier de Sheikh Jarrah sans que le mutisme médiatique et politique ne soit rompu.

Depuis plus de trois semaines des destructions de logements de familles palestiniennes du quartier de Silwan ont eu lieu et, depuis plusieurs jours, les Palestiniens de l’intérieur sont victimes de lynchages, avec le même silence complice.

Telle est la réalité de ce qui se déroule à Jérusalem depuis plusieurs semaines. Telle est la réalité de la couverture médiatique et politique dominante de ces pratiques fascistes de l’État israélien et des milices tout autant fascistes.

Il a suffi en revanche que des Palestiniens décident de répondre par des tirs de roquettes pour que la presse et notre gouvernement se réveillent. Après trois semaines de silence, nous sommes désormais quotidiennement abreuvés de la propagande de soutien au gouvernement israélien. Cette désinformation consiste à occulter le contexte historique des affrontements en cours, à renvoyer dos-à-dos, le bourreau et ses victimes et à mettre sur le même plan les roquettes de David et les avions et bombes de Goliath.

Occulter le contexte historique c’est ne pas rappeler que Jérusalem est occupé par l’État israélien et son armée depuis 54 ans et que cette annexion est condamnée par toutes les instances internationales. Occulter le contexte c’est taire la multiplication des colonies en Cisjordanie et les expulsions de logements à Jérusalem, c’est taire le blocus de Gaza qui dure depuis 14 ans, c’est taire ce qui s’appelle un nettoyage ethnique.

Mettre sur le même plan le bourreau et ses victimes c’est parler d’un « conflit israélo-palestinien », d’une « escalade entre deux camps » ou du « cycle infernal des violences » alors que nous sommes en présence d’un État, d’une armée et de milices qui agressent et d’un peuple qui résiste.

Non content de se taire sur les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le nettoyage ethnique commis par l’État sioniste, le gouvernement Macron voudrait nous interdire de manifester notre soutien au peuple palestinien en interdisant nos manifestations. Il est de surcroît applaudit dans cette décision par des ténors du Parti socialiste, en particulier par Anne Hidalgo. L’accusation d’antisémitisme qui nous est faite, de même que celle de « danger de trouble à l’ordre public » ne sont que des mensonges officiels visant à nous faire taire devant l’inadmissible.

C’est pourquoi le FUIQP rappelle que les droits humains sont inaliénables, que ce soit le droit des Palestiniens à se défendre contre l’oppression ou notre droit de manifester notre soutien à ce peuple devenu le symbole de toutes les résistances. On ne peut pas interdire ce qui est inaliénable. Nous manifestons aujourd’hui et nous manifesterons demain tout comme les Palestiniens résistent aujourd’hui et résisteront demain.

Occuper est un crime, Résister est un droit

Front uni des immigrations et des quartiers populaires

Paris, 15/05/2021

Contre la permanence de la nakba, soutenir la résistance du peuple palestinien

Il y a 73 ans, en 1948, le peuple palestinien vivait la nakba – la catastrophe – c’est-à-dire le nettoyage ethnique de la population arabe palestinienne de la Palestine. 800 000 Palestinien-ne-s furent ainsi chassé-e-s de leurs terres et de leurs demeures alors que les colonisateurs sionistes détruisirent 531 villages et 300 hameaux pour empêcher le retour des Palestinien-ne-s.

Mais, depuis 1948, le peuple palestinien vit une nakba ininterrompue marquée par les massacres, les expulsions, les violences et plus largement une domination coloniale reléguant les Palestinien-ne-s à un état de sous-humanité.

Aujourd’hui, l’État colonial cherche à rendre la vie impossible aux Palestinien-ne-s d’al-Quds (Jérusalem), notamment du quartier de Cheikh Jarrah, afin de les contraindre à partir pour « unifier » la ville et la transformer en « capitale éternelle d’Israël ». Dans ce cadre, l’État colonial profane l’Esplanade des Mosquées qui comprend le troisième lieu saint de l’islam, la mosquée al-Aqsa. Il pratique également un blocus inhumain depuis 14 ans sur Gaza et, ses dernières heures, il a déjà tué 119 personnes, dont 31 enfants, dans l’enclave palestinienne. En Cisjordanie, il favorise l’implantation de colons afin de rendre impossible toute rétrocession du territoire.

Les Palestinien-ne-s qui sont aujourd’hui attaqué-e-s par l’État colonial sont les descendant-e-s des Palestinien-ne-s qui ont été expulsé-e-s de leur terre en 1948 ce qui montre la permanence de la nakba vécue par le peuple palestinien depuis 73 ans.

Dans son entreprise de colonisation de la Palestine, l’État sioniste bénéficie depuis 73 ans du soutien des forces impérialistes en général et de la France en particulier. Du vote en faveur de la création de l’État colonial en 1947 à l’ONU à la répression de la Révolution algérienne (1954-1962), de l’agression tripartite contre Suez en 1956 aux différentes guerres menées contre le Liban, en passant par la fourniture de l’arme nucléaire à Israël ou par la Guerre du Golfe de 1991, les impérialistes français et les sionistes se sont alliés pour maintenir l’hégémonie occidentale sur la nation arabe. Le pouvoir français actuel s’inscrit pleinement dans la perpétuation de cette alliance coloniale qui a été scellée dans les guerres menées contre les peuples en lutte pour leur libération.

Néanmoins, lorsque les nuages de l’oppression assombrissent le ciel, la lumière de la résistance reste toujours perceptible.

Ainsi, contre le nettoyage ethnique et la colonisation, le peuple palestinien résiste depuis un siècle contre l’occupation britannique (1920-1948) et contre la colonisation sioniste. Car, comme l’écrivait Edward Saïd, « l’idée de frapper les Palestiniens de façon la plus cruelle, de leur rendre la vie intolérable, de les étouffer pour les amener à se dire qu’ils ne peuvent plus rester là et qu’ils abdiquent n’a donné aucun résultat, la flamme de la résistance est demeurée intacte ».

Notre premier devoir, ici en France, est de soutenir la résistance du peuple palestinien qui lutte contre la colonisation et pour son droit à exister en tant qu’être humain et en tant que peuple. Dans le cadre de ce soutien, nous affirmons qu’il appartient seulement au peuple palestinien de déterminer les modalités de sa résistance et de choisir les organisations qui la mènent.

En conséquence, nous appelons tous les individus épris de justice et de liberté à descendre dans les rues, à manifester et à agir pour dénoncer l’État colonial et sa politique criminelle. De même, nous les appelons à dénoncer les impérialistes occidentaux qui sont les complices des crimes coloniaux en Palestine.

Nous exigeons ainsi que l’État français mette fin à sa collaboration politique, économique, militaire et culturelle avec l’État sioniste. Nous exigeons la même chose de l’Union européenne, et plus particulièrement qu’elle rompe ses accords commerciaux avec l’État colonial.

Nous appelons au boycott de l’État colonial et nous soutenons la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

Nous appelons enfin les différents mouvements de soutien à la Palestine à construire un front large afin d’organiser ensemble la solidarité avec la lutte de libération nationale du peuple palestinien.

Vive la Palestine !

Tahia Filistine !

Vive la résistance !

Tahia al-mouqawama !

Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)

Contre la loi « séparatisme » : objectif 50 000 signatures

Plus de 24 000 signatures ont été récoltées pour exiger le retrait de ce texte indigne, encore aggravé par le Sénat. Avant son retour à l’Assemblée nationale, passons à la vitesse supérieure ! Signez massivement cette pétition !

En 10 jours, la pétition exigeant le retrait de la loi inique « confortant les principes républicains » a recueilli 24 000 signatures. Ce succès montre une prise de conscience des dangers mortels que fait peser sur notre société et sur nos libertés démocratiques cette loi. Initiée par le Front contre l’Islamophobie et pour l’Égalité des droits pour tou-te-s, elle s’inscrit dans le cadre de la mobilisation qui a réuni des milliers de manifestants dans une dizaine de villes le 21 mars.

Aujourd’hui la situation est encore plus dangereuse que lorsque nous avons initié cette pétition. Car le Sénat a encore aggravé ce texte dans une surenchère raciste décomplexée, tel un concours « Lépine » de l’islamophobie : interdiction du port du foulard pour les accompagnatrices scolaires, interdiction du port du foulard pour les mineures dans l’espace public, interdiction du port du foulard dans les rencontres sportives, interdiction du burkini dans les piscines ; retrait des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire ; possibilité de dissoudre des associations organisant des réunions dites « non-mixtes » ; possibilité de refus d’un titre de séjour [ou le renouvellement de celui-ci] pour les personnes considérées comme menaçant les principes de la République ; interdiction des drapeaux étrangers [sauf ceux des pays membres de l’Union européenne] dans les mariages, etc.

Ces amendements mettent en évidence la logique qui conduit à l’instauration d’une islamophobie d’État légalisée, à une banalisation du racisme en général et de l’islamophobie en particulier. Ces signaux donnés par en haut ne peuvent que développer l’islamophobie d’en bas. Comme nous l’avions annoncé, le climat autour de ce projet de loi contre le pseudo « séparatisme » a permis des passages à l’acte racistes : une journaliste portant le foulard a reçu des menaces de mort ; sur les réseaux sociaux, un appel à empoisonner les produits halals dans les supermarchés a été diffusé ; Nantes, incendie de la mosquée Arrhama ; Rennes, les murs du centre culturel musulman Avicenne ont été recouverts de tags islamophobes ; un homme se revendiquant du nazisme et qui préparait un attentat contre la mosquée du Mans a été arrêté, etc.

Avant le retour de ce texte scélérat à l’Assemblée nationale, nous devons renforcer notre mobilisation : notre objectif est d’atteindre les 50 000 signatures ! C’est pourquoi le Front Contre l’Islamophobie et pour l’Égalité des droits pour tou-te-s appelle à :

  • Interpeller les élus sur leur position sur ce projet de loi
  • Interpeller les candidats aux futures élections [départementale, régionale et nationale]
  • S’emparer de la pétition pour la rendre massive avant de la déposer au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU
  • Construire des comités locaux du Front Contre l’Islamophobie et pour l’Égalité des droits pour tou-te-s pour nous mobiliser contre la société islamophobe que promeut ce projet de loi.

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ». Bertolt Brecht

Stop à l’islamophobie d’Etat!

Le sénat vient de voter l’interdiction du port du hijab pour les mères accompagnatrices, l’interdiction du burkini dans les piscines et espaces de baignade publics ainsi que l’interdiction de port de signes religieux pour les mineures dans l’espace public.

L’heure est extrêmement grave. Le point de non-retour est atteint.

Profitant de nos émotions suscitées par des actes terroristes, le gouvernement, l’Assemblée Nationale et le Sénat continuent d’accuser et d’instrumentaliser l’islam, nos pratiques religieuses, nos corps. Ils s’attaquent à nos dignités et à nos libertés y compris de conscience, en instaurant toujours plus de restrictions, de contraintes et d’obligations pour les personnes musulmanes – notamment pour les femmes – faisant de nous des ennemis de l’intérieur. La loi contre ledit « séparatisme » ou « confortant les principes républicains » est une attaque sans précédent contre les droits des musulmans et musulmanes à pratiquer librement leur religion.

Nos enfants sont en danger. Et ce n’est pas l’islamisme qui les menace comme voudraient le faire croire les théories complotistes de notre gouvernement, mais bien l’État lui-même qui, dans ses institutions, notamment par le biais du projet de loi contre ledit séparatisme, légalise, normalise et amplifie les discriminations visant les femmes qui portent le voile. Depuis la loi de 2004, les mesures restrictives visant les femmes portant le foulard – qu’elles soient élèves, étudiantes, mères – ne cessent de s’empiler.

Avec ces lois, ce sont les femmes musulmanes que l’on cherche à contrôler, mais aussi nos enfants que l’on veut priver d’éducation et que l’on traumatise par d’innombrables scènes humiliantes et déshumanisantes.

Avec cette loi, le gouvernement Macron savait qu’il ouvrait plus grand encore la boîte de Pandore permettant une surenchère raciste sans fin. Le président de la République avait déjà déclaré que « le voile n’est pas conforme à la civilité dans notre pays ». Son gouvernement avait lancé la chasse aux soi-disant « signaux faibles de radicalisation » pour en réalité donner un signal fort aux franges électorales les plus racistes.

Plus que jamais, nous affirmons que les musulmans et musulmanes de ce pays ne seront pas les marchepieds des candidats à l’élection présidentielle qui portent ou alimentent les discours et les lois islamophobes.

Nous scruterons les propos et programmes électoraux des uns et des autres pour dénoncer localement et nationalement les postures islamophobes.

Après avoir rassemblé ce dimanche 21 mars, des milliers de personnes dans les rues de grandes villes en France, nous poursuivons avec le Front contre l’islamophobie et pour l’égalité des droits pour tou-te-s, notre combat pour exister à égalité de traitement et de droits.

Pour s’opposer à la loi contre le prétendu séparatisme !

Pour élever nos voix contre la surenchère islamophobe qui nous prive de nos droits fondamentaux !

Pour notre dignité et celle de nos enfants !

Quant à nous autres qui ne sommes pas visés par cet islamophobie d’État, nous sommes solidaires de ce texte porté par les premiers et premières concernés.

=> Pour signer la pétition

=> Premiers signataires :

Hassna Aalouach, journaliste et écrivaine

Gamal Abina, journaliste France Maghreb 2

Nadine Acoury, traductrice

Siham Andalouci, correctrice

Salah Amokrane, militant associatif

Verveine Angeli, militante syndicale et associative

Noureddine Aoussat, universitaire et imam

Sihame Assbague, journaliste et militante

Djamel Atallah, consultant en médiation urbaine

Jawad Bachare, militant antiraciste

Sana Belaïd, militante ALCIR

Youssra Ben Hamida, militante ALCIR

Sami Ben Jaffel, militant antiraciste

Farid Bennaï, militant FUIQP

Mohamed Bensaada, militant Syndicat quartier populaire Marseille

Fatima Bent, présidente de Lallab

Amel Bentounsi, collectif Urgence notre police assassine

Djamel Blanchard, militant des quartiers populaires et activiste décolonial et antiraciste

Saïd Bouamama, militant FUIQP et sociologue

Nadia Bouchenni, journaliste

Messaoud Boudjenoun, journaliste et écrivain

Abdelaziz Chaambi, président du CRI

Ismahane Chouder, enseignante et formatrice, féministe antiraciste

Sonia DayanHerzbrun, sociologue et professeur émérite à l’Université de Paris

Christine Delphy, féministe, antiraciste et sociologue

Laure Deroo, chargée de communication et militante MFJE

Issa Diara, militant BAN

Eric Fassin, sociologue à l’Université Paris VIII

Naouelle Garnoussi, militante antiraciste

Isabelle Garo, enseignante

Karima Ghaleb, infirmière et militante MFJE

Youssef Girard, historien

Nacira Guénif, professeure de sociologie et anthropologie à l’Université Paris VIII

Michelle Guerci, journaliste

Awa Gueye, collectif justice et vérité pour Babacar Gueye

Alain Gresh, journaliste

Fadoua Hachimi, militante ALCIR

Malika Hamidi, auteure et sociologue (EHESS)

Saad Jouini, militant décolonial et rédacteur en chef à Décolonial News

Widad Kefti, journaliste

Souad Khaldi, traductrice

Abdel-Wahab Ladmia, militant antiraciste

Fahima Laidoudi, militante politique anticapitaliste

Olivier Le Cour Grandmaison, politologue

Franco Lollia, militant BAN

Nadia Louachi, militante FUIQP

Yasser Louati, président du CJL

Majdelil, militante FUIQP

Moustapha Mansouri, Argenteuil Terre de Solidarité

Muhammad Miftah al Naïm, militant des quartiers populaires

Samir Mile, juriste

Farid Omeir, enseignant, membre de l’UDMF

Ghais Ourabah, maire adjoint d’Ivry et militant antiraciste

MarieOdette Maryam Pinheiro, auteure

Virginie Proton, militante MFJE

Ali Rahni, éducateur spécialisé et militant associatif Roubaix

AbdouRahmane Ridouane, président de la mosquée de Pessac (Bordeaux)

Jocelyne RajnchapelMessaï, militante ALCIR

Claire Reinhardt, déléguée des parents d’élèves et militante MFJE

Moungi Rouaiguia, responsable CRI Marseille

Samra Seddik, sage-femme et militante associative

Zakaria Seddiki, consultant et conférencier

Omar Slaouti, militant FUIQP

Alioune Traoré, militant CSP 75

Liesel Trunzler, consultante juridique et militante pour les droits humains

Vanessa Vincenza, militante MFJE

Soutien total à Samir Elyes

Militant historique des luttes de l’immigration et des quartiers populaires, Samir Elyes fait l’objet d’une enquête préliminaire pour « injure publique envers une administration publique ». Il lui est reproché le contenu de son intervention tenue lors de la Marche des Solidarités, rassemblement contre le racisme et les violences policières, le 20 mars 2021. Lors de sa prise de parole, il y dénonçait le racisme de la justice française, le traitement particulier réservé aux familles noires et arabes et la délivrance, par la justice, d’un « permis de tuer » aux policiers.


L’évocation de ce « permis de tuer » qui vaut à Samir cette mise en examen, est pourtant une réalité que dénoncent de nombreux militants et associations depuis plusieurs décennies. Rappelons par exemple que lors du procès opposant la Famille Khaïf au policier Hiblot, le président de la FPIP [syndicat de police très à droite] M. Philippe Biltauld, réclama le « droit de tirer pour les policiers » (le courrier du 27 janvier 1999). L’acquittement du policier Hiblot, après 10 ans de procédure, sonna comme une véritable reconnaissance de ce « droit ». Celui-ci tua en effet M. Youssef Khaïf d’une balle dans la nuque éliminant ainsi toute validité à l’argument de « légitime défense ».


Samir Elyes sait ce qu’il dit du fait de son expérience de plus de deux décennies au sein de différentes organisations (Mouvement de l’Immigration des Banlieues (MIB), Forum Social des Quartiers Populaires (FSQP) et Comité Adama) toutes investies au sein de différents « Comité Justice et Vérité ». Il est particulièrement visé comme le démontre la mobilisation des syndicats de police, de la droite et de l’extrême droite accompagnée et soutenue par les médias pour dénoncer un discours qui « inciterait à la haine et la violence ». Décrire et dénoncer une réalité de violence devient ainsi « inciter à la violence ».


La « judiciarisation » du discours de Samir n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un contexte de criminalisation – des associations, organisations, groupes et personnes œuvrant sur la question du racisme, de l’accès aux droits et des libertés (CCIF- Baraka city- UNEF-universitaires). Elle est connectée avec les deux projets de loi complémentaires [sur la sécurité globale et contre le pseudo séparatisme] visant à criminaliser les militants, à réprimer la critique politique, à diffuser la peur et l’auto-censure. En particulier le projet de loi contre le pseudo séparatisme, rebaptisé « loi confortant le respect des principes de la République », cible spécifiquement les quartiers populaires, les personnes issues de l’immigration, les musulmans ou apparentés comme tel. Véritable loi d’exception islamophobe, elle prône l’arbitraire, le contrôle et la surveillance renforcée. Elle s’appuiera sur la « loi sécurité globale » prévoyant une augmentation des contrôles arbitraires et même la participation de sociétés de surveillance privées.


Par ces lois complémentaires ce gouvernement prépare une politique de terreur pour certains, de « béni oui- oui » pour d’autres, voire de « larbinisme » où la suspicion est généralisée, abordant les habitants des quartiers de confession musulmane (ou assimilés) comme ennemis de l’intérieur qui devront montrer « patte blanche » pour avoir droit de cité. L’amendement UNEF ajouté lors du passage de ce projet de loi au Sénat, permettra de réprimer n’importe quel collectif au motif d’une « mixité » insuffisante. Il s’agit ni plus ni moins que de légaliser l’arbitraire, cet amendement permettant d’invalider toute revendication issue des quartiers ou de l’immigration notamment pour les comités « justice et vérité » qui risquent de se voir dissoudre si le quota de « blanchité » n’est pas respecté.


Les accusations portées contre Samir sont indissociables de ce projet politique global visant à empêcher l’expression politique de la colère légitime des populations issues de l’immigration et des quartiers populaires contre les discriminations et les violences policières systémiques d’une part et à interdire leur organisation autonome d’autre part.


Pour toute ces raisons, le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) soutiendra Sami Elyes dans ce combat. Défendre Samir c’est nous défendre nous-mêmes.


Soutenir Samir ce n’est rien d’autre que défendre le droit à l’égalité, à la justice et à la dignité pour tous.

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)

14/04/2021