Le 1er mai n’est pas une commémoration.
C’est une journée de combat.
Dans le monde du travail, le racisme n’est pas une anomalie.
C’est un système organisé qui produit précarité, exploitation et divisions.
Discriminations à l’embauche, assignation aux emplois les plus pénibles, carrières bloquées, surexposition à l’intérim et à la sous-traitance : pour des milliers de travailleurs et travailleuses issu·es de l’immigration et des quartiers populaires, c’est une réalité quotidienne.
Ce système n’est pas seulement injuste.
Il est rentable.
L’islamophobie en est aujourd’hui une pièce centrale.
Elle exclut, stigmatise, appauvrit.
Être perçu comme musulman, c’est être contrôlé, suspecté, discriminé.
Pour les femmes portant le hijab, cela signifie trop souvent l’exclusion du marché du travail.
Ce n’est pas un débat.
C’est une violence sociale organisée.
Face à cela, une évidence : la lutte contre le racisme et l’islamophobie est une lutte sociale centrale.
Mais pour être efficace, elle doit se traduire en droits contraignants. Nous exigeons:
- L’interdiction effective des discriminations à l’embauche, avec généralisation des testings obligatoires et opposables juridiquement, et renversement de la charge de la preuve en matière de discrimination.
- Des pouvoirs de sanction renforcés pour le Défenseur des droits, incluant des amendes administratives immédiates et publiques contre les entreprises fautives.
- La transparence obligatoire dans les entreprises sur les recrutements, les salaires et les promotions, afin de rendre visibles les inégalités raciales.
- L’interdiction claire des discriminations liées à l’apparence religieuse, notamment le port du hijab, dans tous les secteurs hors exigences strictes de sécurité, avec encadrement strict de l’usage du principe de “neutralité”.
- La responsabilité juridique des donneurs d’ordre face aux discriminations pratiquées dans la sous-traitance.
- La régularisation des travailleurs et travailleuses sans-papiers, afin de mettre fin à leur surexploitation organisée.
- La protection des salariés qui dénoncent des discriminations, avec un statut renforcé de lanceur d’alerte en entreprise.
Car sans contrainte légale, l’égalité reste un discours.
Mais ces avancées ne tomberont pas du ciel.
Ce sont aux premiers concernés de s’organiser, de parler, et de diriger leurs luttes.
L’histoire le montre.
Dans les années 1930, l’Étoile Nord-Africaine portait une voix autonome face à un mouvement ouvrier qui invisibilisait les travailleurs colonisés.
Dans les années 1970, le Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) s’organisait pour défendre les droits des travailleurs immigrés.
Aujourd’hui encore, la même question se pose: qui parle, et pour qui ?
Sans organisation autonome des personnes racisées, les luttes restent incomplètes, récupérées ou neutralisées.
Cela ne signifie pas lutter seuls.
Cela signifie imposer nos réalités, nos priorités, nos revendications.
Nous appelons à :
- la création de collectifs de travailleurs et travailleuses racisé·es dans chaque secteur
- des campagnes publiques contre les entreprises discriminantes
- des grèves portant explicitement des revendications antiracistes
- l’imposition de ces enjeux dans toutes les organisations syndicales
Car un salariat divisé est un salariat affaibli.
L’unité ne se décrète pas.
Elle se construit sur la justice.
Et la justice exige : des droits, des moyens de contrôle, et un rapport de force.
Le 1er mai, nous affirmons :
Pas de lutte sociale sans lutte antiraciste.
Pas d’égalité sans droits contraignants.
Pas de justice sans pouvoir pour les premiers concernés.
Travailleurs et travailleuses des quartiers populaires,
organisons-nous,
prenons la parole,
imposons nos droits.
Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires – FUIQP
01/05/2026


