8 mai 1945 : vérité, justice et décolonisation

« Notre devoir envers toi : inscrire ton histoire dans les manuscrits, afin que l’oubli ne l’efface jamais des cœurs. »

Mohamed Bachir al-Ibrahimi, al-Bassair, n°35, 10 mai 1948

Le 8 mai 1945 n’est pas seulement la date de la victoire contre le nazisme en Europe. Pour les peuples colonisés, et particulièrement pour le peuple algérien, cette date renvoie aussi à l’un des plus grands massacres coloniaux commis par l’État français.

À Sétif, Guelma et Kherrata, des manifestations réclamant la liberté et la fin du système colonial furent écrasées dans le sang. La répression menée par l’armée française, la police, les milices coloniales et l’administration fit plusieurs dizaines de milliers de morts algériens. Bombardements, exécutions sommaires, villages détruits, arrestations massives : la violence coloniale s’est déployée avec une brutalité assumée pour préserver l’ordre racial et impérial.

Le FUIQP rappelle que ces massacres ne sont pas des « dérives » ou des « excès » de la colonisation : ils révèlent la nature même du système colonial, fondé sur la dépossession, la domination raciale et la négation de l’humanité des peuples colonisés.

Nous rappelons également que cette répression a été organisée par un gouvernement auquel participaient les gaullistes, la SFIO et le PCF. Les forces politiques alors au pouvoir ont participé, ensemble, au maintien de l’ordre colonial et à l’écrasement sanglant des aspirations du peuple algérien à la liberté. Cette réalité historique doit être regardée en face.

81 ans plus tard, l’État français refuse toujours d’assumer pleinement ses crimes coloniaux. Cette amnésie organisée participe au maintien d’un récit national qui invisibilise les violences coloniales tout en alimentant le racisme systémique contemporain.

Car il ne peut y avoir de lutte réelle contre le racisme systémique sans décolonisation de l’histoire. Les discriminations, les violences policières, l’islamophobie, la stigmatisation des quartiers populaires et des personnes issues de l’immigration postcoloniale s’inscrivent dans le prolongement historique des logiques coloniales. Le racisme d’État actuel plonge ses racines dans le temps long de la colonisation et dans les catégories raciales construites pour justifier l’ordre colonial.

Le FUIQP rappelle également que la France demeure aujourd’hui encore une puissance coloniale. De la Kanaky à la Polynésie, de la Martinique à la Guadeloupe, en passant par la Guyane, Mayotte ou La Réunion, les héritages et les structures coloniales continuent de produire domination politique, dépendance économique, répression et inégalités raciales. Les mobilisations anticoloniales et pour l’autodétermination y font toujours face à la violence de l’État.

Le FUIQP exige :

  • la reconnaissance pleine et entière des massacres du 8 mai 1945 comme crimes coloniaux ;
  • la reconnaissance de l’ensemble des crimes commis pendant la colonisation ;
  • l’ouverture totale des archives coloniales ;
  • l’enseignement systématique des massacres coloniaux et des résistances anticoloniales dans les programmes scolaires ;
  • une véritable politique de justice mémorielle et de réparation ;
  • le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Face aux offensives réactionnaires et aux tentatives de réhabilitation du colonialisme, nous affirmons que la mémoire des luttes anticoloniales est une mémoire de résistance, de dignité et d’émancipation.

Le FUIQP rend hommage aux victimes des massacres du 8 mai 1945 et réaffirme son engagement pour la justice sociale et raciale, contre le racisme systémique, contre l’ordre colonial et néocolonial, et pour la décolonisation des savoirs, des institutions et des rapports sociaux.

Pas de justice, pas de paix !

Communiqué du FUIQP

08/05/2026

1er MAI : PAS DE JUSTICE SOCIALE SANS LUTTE ANTIRACISTE

Le 1er mai n’est pas une commémoration.

C’est une journée de combat.

Dans le monde du travail, le racisme n’est pas une anomalie.

C’est un système organisé qui produit précarité, exploitation et divisions.

Discriminations à l’embauche, assignation aux emplois les plus pénibles, carrières bloquées, surexposition à l’intérim et à la sous-traitance : pour des milliers de travailleurs et travailleuses issu·es de l’immigration et des quartiers populaires, c’est une réalité quotidienne.

Ce système n’est pas seulement injuste.

Il est rentable.

L’islamophobie en est aujourd’hui une pièce centrale.

Elle exclut, stigmatise, appauvrit.

Être perçu comme musulman, c’est être contrôlé, suspecté, discriminé.

Pour les femmes portant le hijab, cela signifie trop souvent l’exclusion du marché du travail.

Ce n’est pas un débat.

C’est une violence sociale organisée.

Face à cela, une évidence : la lutte contre le racisme et l’islamophobie est une lutte sociale centrale.

Mais pour être efficace, elle doit se traduire en droits contraignants. Nous exigeons:

  • L’interdiction effective des discriminations à l’embauche, avec généralisation des testings obligatoires et opposables juridiquement, et renversement de la charge de la preuve en matière de discrimination.
  • Des pouvoirs de sanction renforcés pour le Défenseur des droits, incluant des amendes administratives immédiates et publiques contre les entreprises fautives.
  • La transparence obligatoire dans les entreprises sur les recrutements, les salaires et les promotions, afin de rendre visibles les inégalités raciales.
  • L’interdiction claire des discriminations liées à l’apparence religieuse, notamment le port du hijab, dans tous les secteurs hors exigences strictes de sécurité, avec encadrement strict de l’usage du principe de “neutralité”.
  • La responsabilité juridique des donneurs d’ordre face aux discriminations pratiquées dans la sous-traitance.
  • La régularisation des travailleurs et travailleuses sans-papiers, afin de mettre fin à leur surexploitation organisée.
  • La protection des salariés qui dénoncent des discriminations, avec un statut renforcé de lanceur d’alerte en entreprise.

Car sans contrainte légale, l’égalité reste un discours.

Mais ces avancées ne tomberont pas du ciel.

Ce sont aux premiers concernés de s’organiser, de parler, et de diriger leurs luttes.

L’histoire le montre.

Dans les années 1930, l’Étoile Nord-Africaine portait une voix autonome face à un mouvement ouvrier qui invisibilisait les travailleurs colonisés.

Dans les années 1970, le Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) s’organisait pour défendre les droits des travailleurs immigrés.

Aujourd’hui encore, la même question se pose: qui parle, et pour qui ?

Sans organisation autonome des personnes racisées, les luttes restent incomplètes, récupérées ou neutralisées.

Cela ne signifie pas lutter seuls.

Cela signifie imposer nos réalités, nos priorités, nos revendications.

Nous appelons à :

  • la création de collectifs de travailleurs et travailleuses racisé·es dans chaque secteur
  • des campagnes publiques contre les entreprises discriminantes
  • des grèves portant explicitement des revendications antiracistes
  • l’imposition de ces enjeux dans toutes les organisations syndicales

Car un salariat divisé est un salariat affaibli.

L’unité ne se décrète pas.

Elle se construit sur la justice.

Et la justice exige : des droits, des moyens de contrôle, et un rapport de force.

Le 1er mai, nous affirmons :

Pas de lutte sociale sans lutte antiraciste.

Pas d’égalité sans droits contraignants.

Pas de justice sans pouvoir pour les premiers concernés.

Travailleurs et travailleuses des quartiers populaires,

organisons-nous,

prenons la parole,

imposons nos droits.

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires – FUIQP

01/05/2026

Contre la dissolution de Génération EDR : une nouvelle étape dans la répression des luttes antiracistes

Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) dénonce avec force la procédure engagée par le ministère de l’Intérieur en vue de dissoudre le collectif Génération EDR, comme l’ont révélé ses avocats le 30 mars 2026.

D’après ce communiqué, cette procédure s’appuie sur l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure, sans pour autant établir le moindre fondement sérieux. Génération EDR, composé de collectifs non-violents, mène un travail de terrain essentiel contre les discriminations, notamment celles visant les personnes perçues comme musulmanes. Ses actions — débats, conférences, campagnes de sensibilisation — relèvent pleinement de l’exercice démocratique et du débat public.

Les éléments avancés par le ministère apparaissent lacunaires et infondés : rien ne permet d’affirmer que le collectif cautionnerait des violences ou troublerait gravement l’ordre public. En réalité, c’est bien son engagement antiraciste qui est aujourd’hui ciblé.

La dissolution d’un tel collectif constituerait une atteinte grave aux libertés fondamentales, notamment à la liberté d’expression et à la liberté de réunion, pourtant garanties par les principes démocratiques et consacrées par la jurisprudence européenne.

Cette attaque ne constitue malheureusement pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une politique désormais installée de répression des organisations antiracistes, en particulier celles issues des quartiers populaires, régulièrement visées, stigmatisées, voire dissoutes ces dernières années.

Le FUIQP apporte son plein soutien aux membres de Génération EDR et appelle à une mobilisation large contre cette nouvelle offensive politique. Criminaliser les luttes contre le racisme ne fera pas disparaître les discriminations ; cela ne fera que fragiliser davantage l’État de droit.

Nous refusons que celles et ceux qui dénoncent le racisme soient traités comme des ennemis publics.

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)

07/04/2026

VIOLENCES POLICIÈRES À ÉVIN-MALMAISON

COMMUNIQUÉ DE SOUTIEN ET APPEL À LA MOBILISATION

Samedi 4 avril 2026, devant le domicile familial, à Évin-Malmaison dans le Pas-de-Calais, un jeune homme a été interpellé. Alors qu’il ne présentait aucune résistance, il a été violemment maîtrisé, étranglé jusqu’à perdre connaissance, sous les yeux de ses parents.

Malgré leurs cris, malgré leur détresse, la violence s’est poursuivie jusqu’à mettre sa vie en danger. Pris de convulsions, il a été hospitalisé puis immédiatement mis en garde à vue, après avoir reçu des soins.

Nous exprimons d’abord notre soutien total et indéfectible à la famille suite à ces violences policières qui n’avaient aucune justification.

Ce qui s’est produit n’est pas un “dérapage”. Ce n’est pas un fait isolé. C’est une réalité que vivent trop souvent les habitants des quartiers populaires.

Nous dénonçons avec force :

  • Des pratiques policières brutales et disproportionnées,
  • Une logique de déshumanisation, où nos vies semblent compter moins,
  • Un système qui tolère, couvre et banalise ces violences.

Oui, il faut le dire clairement : dans ce pays, trop souvent, les jeunes noirs et arabes sont traités avec une violence indigne d’un État de droit.

Nous refusons de nous taire.

Nous refusons de banaliser l’inacceptable.

Nous exigeons :

  • L’ouverture immédiate d’une enquête indépendante,
  • La suspension des agents impliqués,
  • Que toute la lumière soit faite sur l’état de santé du jeune et sur les faits,
  • Que justice soit rendue.

Nous appelons à la mobilisation la plus large:

  • Pour soutenir la famille,
  • Pour exiger vérité et justice,
  • Pour dénoncer les violences policières et le racisme systémique.

Parce que ce qui s’est passé à Évin-Malmaison nous concerne toutes et tous. Parce que derrière chaque affaire, il y a des vies, des familles, une dignité piétinée.

Nous ne laisserons pas faire.

Solidarité totale avec notre camarade et sa famille.

Vérité et justice.

Stop aux violences policières.

Pas de justice, pas de paix.

Communiqué du FUIQP

06/04/2026

STOP AU RACISME

Contre les attaques racistes portées par un système de domination suprémaciste blanc : mobilisation générale à Saint-Denis et dans tous les quartiers populaires !

Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) apporte son soutien au rassemblement qui aura lieu à Saint-Denis et à Pierrefitte-sur-Seine ce samedi 4 avril.

Depuis plusieurs semaines, Bally Bagayoko est la cible d’attaques racistes d’une violence inacceptable.

D’autres maires noirs et arabes de villes de banlieue subissent également ce déchaînement raciste.

Les propos tenus dans certains médias, allant jusqu’à des comparaisons animales, ne sont pas des “dérapages”.

Ils révèlent un racisme profondément ancré, hérité de siècles d’esclavage et de colonialisme, qui s’exprime aujourd’hui de manière décomplexée — à travers un système de domination suprémaciste blanc, sous des formes biologiques comme culturelles.

Ce qui est visé dépasse une personne.

C’est aussi le fait qu’un héritier de l’immigration, issu des quartiers populaires, accède à des responsabilités politiques en portant une parole qui dénonce les crimes coloniaux contemporains, notamment en Palestine, ainsi que les violences policières, et qui refuse de se taire face aux injustices.

Ces attaques et injures ignobles sont un indicateur de l’avancée du processus de fascisation que déploie la classe dominante depuis plusieurs décennies.

Les objectifs de ce processus sont limpides :

  • maximiser les profits ici, c’est-à-dire paupériser encore plus les classes populaires,
  • et reconquérir le terrain perdu par l’impérialisme français en Afrique.

Bref, il s’agit de mener des guerres coloniales là-bas et une guerre sociale ici.

De tels objectifs ne peuvent être atteints qu’en développant le racisme sous toutes ses formes, en réprimant les mouvements sociaux et en réduisant les droits démocratiques.

Loin d’être un délire de quelques racistes excités, les « dérapages racistes » sont le résultat logique d’une politique précise au service des dominants.

Nous dénonçons avec force :

  • la négrophobie et l’islamophobie qui se banalisent,
  • la montée de l’extrême droite et la diffusion de ses idées bien au-delà de ses rangs,
  • un racisme systémique structuré par un système de domination suprémaciste blanc, qui frappe nos quartiers populaires, en particulier les Noirs et les Arabes,
  • toutes les discriminations qui en découlent.

Nous affirmons :

Nos quartiers ne sont pas un problème.

Ils sont une force — antiraciste, populaire et anticoloniale.

Le rassemblement du 4 avril est un moment important :

Un moment pour dire non au racisme.

Un moment pour défendre notre dignité.

Un moment pour montrer que nous ne laisserons rien passer.

Le FUIQP appelle à une mobilisation générale :À Saint-Denis, à Pierrefitte, et dans tous les quartiers populaires.

Parce que nos vies comptent.

Parce que nos voix comptent.

Parce que nous ne reculerons pas.

Parvis de la mairie de Saint-Denis

Samedi 4 avril 2026

Communiqué du FUIQP

02/04/2026

Interdiction du voile : une décision qui fabrique des citoyennes de seconde zone

Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) dénonce avec la plus grande fermeté la décision de justice rendue le 18 mars 2026, validant un arrêté municipal interdisant le port du voile lors des conseils municipaux.

En validant cet arrêté, la justice franchit un nouveau cap dans l’escalade islamophobe qui traverse les institutions françaises. Cette décision ne relève pas d’une simple question de règlement intérieur : elle organise l’exclusion politique ciblée des femmes musulmanes, en particulier celles portant le hijab, en leur refusant de fait l’accès plein et entier à l’espace démocratique local.

Le FUIQP le dit clairement : nous assistons à la construction assumée d’un droit d’exception visant les musulman·es. Sous couvert de « neutralité », cette décision entérine une discrimination flagrante. Elle ne vise pas une pratique abstraite, mais des femmes bien réelles, déjà parmi les plus exposées aux discriminations.

Empêcher une femme portant le hijab de participer à un conseil municipal, c’est lui dire qu’elle n’est pas une citoyenne comme les autres. C’est conditionner l’accès à la démocratie à l’effacement de son identité. C’est instaurer une hiérarchie entre les citoyen·nes.

Cette décision du 18 mars 2026 s’inscrit dans une continuité politique et judiciaire : lois, circulaires, arrêtés et polémiques médiatiques convergent pour faire des musulman·es — et en particulier des femmes musulmanes — un groupe constamment suspect, encadré et restreint. Ce ciblage systémique constitue une dérive grave de l’État de droit.

Le FUIQP alerte : ce qui se joue ici dépasse largement la question du hijab. C’est la possibilité même pour une partie de la population de participer à la vie publique sans renoncer à ce qu’elle est. Aujourd’hui les femmes musulmanes, demain d’autres minorités.

Nous refusons cette normalisation de l’exclusion. Nous refusons que la justice devienne un levier de légitimation de politiques discriminatoires.

Le FUIQP appelle à une mobilisation large et déterminée contre cette décision et contre toutes les politiques islamophobes. Nous réaffirmons que l’égalité ne se négocie pas, qu’elle s’applique pleinement ou elle disparaît.

Aucune démocratie ne peut survivre en excluant une partie de ses citoyen·nes.

Communiqué du FUIQP

21/03/2026

La police tue, la justice couvre : justice pour Nahel Merzouk

Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) exprime sa profonde colère et son indignation après la décision rendue par la Cour d’appel de Versailles dans l’affaire du meurtre de Nahel Merzouk.

Pour rappel, Nahel Merzouk, 17 ans, a été abattu par un policier d’une balle dans le thorax le 27 juin 2023 à Nanterre. Alors que les juges d’instruction avaient retenu la qualification de « meurtre » en vue du procès, les juges de la Cour d’appel ont choisi de requalifier les faits en simples « violences sans intention de la donner ».Cette décision n’est pas seulement incompréhensible au regard des faits : elle s’inscrit dans un schéma désormais bien connu. À chaque fois qu’un jeune des quartiers populaires est tué par la police, les mêmes mécanismes se mettent en place : minimisation des faits, requalifications favorables aux agents, lenteur judiciaire et, trop souvent, absence de condamnations à la hauteur de la gravité des actes.

Ce que révèle cette décision, c’est un problème structurel et systémique : une justice qui, trop souvent, protège l’institution policière au lieu de garantir l’égalité devant la loi. Dans ces conditions, un sentiment profond d’injustice et d’impunité ne peut que grandir dans les quartiers populaires.

Le FUIQP tient à exprimer son soutien total à la famille de Nahel, à ses proches et à toutes celles et ceux qui continuent de se battre pour que la vérité soit reconnue et que justice soit rendue. Leur combat dépasse largement ce seul dossier : il concerne toutes les familles victimes de violences policières.

Le FUIQP soutient également l’appel à la marche pour la justice et la vérité lancé par la mère de Nahel, Mounia Merzouk, qui se tiendra le samedi 21 mars à Nanterre, avec un départ prévu place de la Boule. Nous appelons largement à y participer afin d’exprimer notre solidarité avec la famille et notre refus de l’impunité.Nous refusons que la mort d’un adolescent de 17 ans puisse être juridiquement réduite à de simples « violences ». La police tue, et la justice couvre : cette mécanique doit cesser.

Le FUIQP appelle à poursuivre la mobilisation pour la vérité, la justice et la fin de l’impunité policière.

Justice pour Nahel et pour toutes les victimes!

Pas de justice, pas de paix!

Communiqué du FUIQP

17/03/2026

Iran, Palestine, Venezuela, Cuba : un même impérialisme, une même résistance

Après le Vénézuéla et Cuba l’impérialisme états-uniens épaulé par son vassal sioniste s’attaque aujourd’hui à l’Iran.

Plus d’un millier de frappes aériennes par plusieurs centaines d’avions en une seule journée : tel est le visage réel d’un hégémonisme états-unien, mis à mal sur les plans économique, technologique, scientifique et diplomatique par l’essor de la Chine et des BRICS, et qui tente de se rétablir par la seule hégémonie qui lui reste, celle des armes.

La riposte iranienne a été à la hauteur de l’attaque en ciblant les bases militaires états-uniennes en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabe Unis, au Qatar, à Bahreïn, au Koweït, à Oman, en Jordanie, à Chypre, en Israël et en Irak.

L’hypocrisie des autres pays impérialistes occidentaux prend la dimension d’une véritable farce. N’ayant pas condamné l’agression états-unienne, ils s’offusquent de la réaction iranienne.

La Grande-Bretagne se déclare prête à entrer en guerre et autorise les Etats-Unis à utiliser ses bases dans la région. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne signent une déclaration dénonçant les « frappes indiscriminées iraniennes ». La France se déclare « prête à participer à la défense » de ses alliés.

Les explications dominantes de cette nouvelle guerre impérialiste ont comme axe central de la décontextualiser en ne la reliant pas aux autres axes stratégiques de Washington.

Or du Vénézuéla à l’Iran en passant par la Palestine et le Groenland une même logique de contrôle des sources de pétrole et de gaz d’une part et des routes commerciales d’autre part est en déploiement.

Le véritable but de guerre est de faire des USA un intermédiaire incontournable pour l’accès à l’ énergie et ainsi de disposer d’un moyen de pression efficace pour imposer le maintien d’un ordre rentier.

Si la Chine est la première cible, les autres pays des BRICS et même l’Europe sont concernés.

Dans cette guerre impérialiste il y a sans contestation possible un agresseur et un agressé. La solidarité avec le peuple iranien frappé aujourd’hui par les bombardements après avoir été étranglé pendant de nombreuses années par les sanctions économiques doit être totale. La nécessité de construire un front anti-impérialiste, anticolonial et antiraciste populaire et urgente.

Cette guerre n’est pas lointaine. Elle a des effets immédiats ici. Elle poussera à de nouvelles hausses des budgets militaires ici au détriment des budgets de l’éducation, de la santé, des droits sociaux, etc. Elle alimentera une islamophobie d’État déjà largement diffusée par en haut. Elle accélèrera le processus de fascisation en cours.

Le FUIQP appelle à l’unité anti-impérialiste des forces populaires ici et internationalement pour s’opposer à cette guerre :

Un seul système de domination

Un seul camp : celui des peuples

Un seul combat : la souveraineté, l’égalité et la justice.

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)

Communiqué du FUIQP à l’occasion des élections municipales

À l’occasion des élections municipales, le FUIQP tient à rappeler la cohérence de ses engagements et de ses principes.

Bien que ces élections relèvent de l’échelon local, nous affirmons que les enjeux municipaux ne sauraient être dissociés des orientations politiques nationales et internationales portées par les formations candidates. Les choix effectués à l’échelle locale participent d’une vision globale de la société, de la justice et des solidarités.

À ce titre, le FUIQP ne pourra soutenir aucune liste ni aucun parti qui ne porterait pas des positions clairement anti-impérialistes et anticolonialistes. Nous considérons que la solidarité internationale, et notamment le soutien au peuple palestinien face à la colonisation, à l’occupation et aux violences qu’il subit, constitue un marqueur politique fondamental. Le silence, l’ambiguïté ou la complaisance sur ces questions sont incompatibles avec nos principes.

De la même manière, nous ne saurions apporter un quelconque soutien à des partis ou à des responsables politiques qui ont soutenu, voté ou défendu des lois et des mesures islamophobes et racistes. Les politiques de stigmatisation, de discrimination et de restriction des libertés visant des populations en raison de leur religion, de leur origine ou de leur appartenance supposée sont en contradiction directe avec les valeurs d’égalité, de dignité et de justice que nous défendons.

Dans un contexte marqué par un racisme systémique persistant, nous affirmons également la nécessité de soutenir et d’encourager les candidatures de personnes issues des minorités racisées qui portent des positions claires en matière de justice sociale, d’égalité réelle et de lutte contre toutes les formes de discrimination. Leur présence et leur engagement constituent un enjeu démocratique majeur face aux mécanismes structurels d’exclusion.

Les élections municipales doivent être l’occasion de renforcer la solidarité, la justice sociale et la lutte contre toutes les formes de racisme et de domination. Le FUIQP appelle donc à une vigilance politique claire et à un engagement cohérent avec ces principes fondamentaux.

Communiqué du FUIQP

7/03/2026

Mort d’El Hacen : la vérité dévoyée, la responsabilité engagée

La mort d’El Hacen Diarra n’est ni un fait divers ni un drame isolé.

Les éléments rendus publics par l’avocat de la famille établissent qu’il est décédé à la suite d’une interpellation, dans une continuité de pratiques institutionnelles ciblant en priorité des personnes noires, arabes et tziganes, régulièrement exposées à la violence et à l’impunité.

Cette affaire révèle un système où certaines vies sont tolérées, contrôlées et exposées, mais jamais pleinement protégées.

Malgré le dépôt rapide d’une plainte, cinq jours se sont écoulés avant l’ouverture d’une information judiciaire.

Ce délai s’est accompagné d’un silence institutionnel, laissant s’installer un récit officiel fondé exclusivement sur la version des policiers impliqués, évoquant un simple malaise, sans élément objectif ou médical.

Ce silence n’est pas neutre.

Il a permis un dévoiement de la vérité, par retard et omission, jusqu’à ce que la communication publique de l’avocat de la famille rende visibles des éléments déterminants.

Les conclusions de l’autopsie contredisent la version initiale :

•. fracture du cartilage thyroïde, compatible avec un étranglement,

• plaie profonde à la tempe,

• décès survenu immédiatement après l’interpellation.

Ces constats corroborent les images et les paroles de la victime déclarant : « vous m’étranglez ».

Il est également établi que les caméras-piétons n’étaient pas activées, en raison d’un prétendu défaut de batterie, information non communiquée à la famille ni au public dès l’origine.

Cette absence d’images, comme dans de nombreuses autres affaires similaires, pose la question de la transparence et de la conservation des preuves.

Ce que révèle la mort d’El Hacen, ce n’est pas une bavure isolée, mais un enchaînement de violences, de silences et de protections institutionnelles.

Pour le FUIQP, la gravité des faits impose :

• des actes d’instruction immédiats, indépendants et transparents,

• la mise en cause judiciaire des policiers impliqués,

• la fin de l’impunité institutionnelle.La famille d’El Hacen a droit à la vérité et à la justice.

Nos quartiers ont droit à la fin de ces morts qui se répètent.

Mais cela ne concerne plus seulement nos quartiers.

Quand la vérité peut être dévoyée par le silence, c’est toute la société qui est concernée.

Plus un seul mort dans nos quartiers.

Plus un seul mort sous interpellation.

Plus un seul mort sans vérité, sans justice, sans responsabilité.

On n’oublie pas ! On ne pardonne pas !

26/01/2026

Communiqué du FUIQP