Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) dénonce avec la plus grande fermeté la décision de justice rendue le 18 mars 2026, validant un arrêté municipal interdisant le port du voile lors des conseils municipaux.
En validant cet arrêté, la justice franchit un nouveau cap dans l’escalade islamophobe qui traverse les institutions françaises. Cette décision ne relève pas d’une simple question de règlement intérieur : elle organise l’exclusion politique ciblée des femmes musulmanes, en particulier celles portant le hijab, en leur refusant de fait l’accès plein et entier à l’espace démocratique local.
Le FUIQP le dit clairement : nous assistons à la construction assumée d’un droit d’exception visant les musulman·es. Sous couvert de « neutralité », cette décision entérine une discrimination flagrante. Elle ne vise pas une pratique abstraite, mais des femmes bien réelles, déjà parmi les plus exposées aux discriminations.
Empêcher une femme portant le hijab de participer à un conseil municipal, c’est lui dire qu’elle n’est pas une citoyenne comme les autres. C’est conditionner l’accès à la démocratie à l’effacement de son identité. C’est instaurer une hiérarchie entre les citoyen·nes.
Cette décision du 18 mars 2026 s’inscrit dans une continuité politique et judiciaire : lois, circulaires, arrêtés et polémiques médiatiques convergent pour faire des musulman·es — et en particulier des femmes musulmanes — un groupe constamment suspect, encadré et restreint. Ce ciblage systémique constitue une dérive grave de l’État de droit.
Le FUIQP alerte : ce qui se joue ici dépasse largement la question du hijab. C’est la possibilité même pour une partie de la population de participer à la vie publique sans renoncer à ce qu’elle est. Aujourd’hui les femmes musulmanes, demain d’autres minorités.
Nous refusons cette normalisation de l’exclusion. Nous refusons que la justice devienne un levier de légitimation de politiques discriminatoires.
Le FUIQP appelle à une mobilisation large et déterminée contre cette décision et contre toutes les politiques islamophobes. Nous réaffirmons que l’égalité ne se négocie pas, qu’elle s’applique pleinement ou elle disparaît.
Aucune démocratie ne peut survivre en excluant une partie de ses citoyen·nes.
Communiqué du FUIQP
21/03/2026


