La mort d’El Hacen Diarra n’est ni un fait divers ni un drame isolé.
Les éléments rendus publics par l’avocat de la famille établissent qu’il est décédé à la suite d’une interpellation, dans une continuité de pratiques institutionnelles ciblant en priorité des personnes noires, arabes et tziganes, régulièrement exposées à la violence et à l’impunité.
Cette affaire révèle un système où certaines vies sont tolérées, contrôlées et exposées, mais jamais pleinement protégées.
Malgré le dépôt rapide d’une plainte, cinq jours se sont écoulés avant l’ouverture d’une information judiciaire.
Ce délai s’est accompagné d’un silence institutionnel, laissant s’installer un récit officiel fondé exclusivement sur la version des policiers impliqués, évoquant un simple malaise, sans élément objectif ou médical.
Ce silence n’est pas neutre.
Il a permis un dévoiement de la vérité, par retard et omission, jusqu’à ce que la communication publique de l’avocat de la famille rende visibles des éléments déterminants.
Les conclusions de l’autopsie contredisent la version initiale :
•. fracture du cartilage thyroïde, compatible avec un étranglement,
• plaie profonde à la tempe,
• décès survenu immédiatement après l’interpellation.
Ces constats corroborent les images et les paroles de la victime déclarant : « vous m’étranglez ».
Il est également établi que les caméras-piétons n’étaient pas activées, en raison d’un prétendu défaut de batterie, information non communiquée à la famille ni au public dès l’origine.
Cette absence d’images, comme dans de nombreuses autres affaires similaires, pose la question de la transparence et de la conservation des preuves.
Ce que révèle la mort d’El Hacen, ce n’est pas une bavure isolée, mais un enchaînement de violences, de silences et de protections institutionnelles.
Pour le FUIQP, la gravité des faits impose :
• des actes d’instruction immédiats, indépendants et transparents,
• la mise en cause judiciaire des policiers impliqués,
• la fin de l’impunité institutionnelle.La famille d’El Hacen a droit à la vérité et à la justice.
Nos quartiers ont droit à la fin de ces morts qui se répètent.
Mais cela ne concerne plus seulement nos quartiers.
Quand la vérité peut être dévoyée par le silence, c’est toute la société qui est concernée.
Plus un seul mort dans nos quartiers.
Plus un seul mort sous interpellation.
Plus un seul mort sans vérité, sans justice, sans responsabilité.
On n’oublie pas ! On ne pardonne pas !
26/01/2026
Communiqué du FUIQP


