Guerre coloniale en Palestine et au Venezuela,
Guerre sociale contre les classes et quartiers populaires:
Un seul combat !
L’agression impérialiste contre le peuple vénézuélien et l’acte de brigandage international que constitue le rapt du président Maduro et de son épouse, ont suscités à juste titre des mobilisations et des protestations.
Au cours de ces mobilisations certaines des prises de position prétendaient soutenir le peuple vénézuélien tout en critiquant en pleine agression armée le gouvernement du Venezuela et son président. Pour le pire certains renvoient dos-à-dos Donald Trump et l’impérialisme qu’il représente d’une part et le « dictateur Maduro » d’autre part. D’autres moins caricaturaux insistaient sur les « critiques » à Maduro et à son gouvernement tout en condamnant l’agression états-unienne.
Cette position du « Ni-Ni » n’est pas neuve.
Nous l’avons rencontré récemment dans toutes les guerres coloniales récentes de la Palestine à la Lybie en passant par la Syrie. Plus anciennement elle a été présente pendant la guerre de libération nationale algérienne où certains prétendaient expliquer depuis Paris au peuple algérien comment se battre.
Dans les séquences d’agression militaire ouverte ce flou freine l’émergence du mouvement de protestation massif qu’exige l’implication de notre propre impérialisme au côté des Etats-Unis. Ce flou masque, en effet, des principes politiques essentiels de tous les combat anticolonial et antiimpérialiste : s’attaquer d’abord à notre propre impérialisme, distinguer entre les contradictions principales du moment et les contradictions secondaires, prendre en compte l’ensemble du contexte, etc.
Concernant la contextualisation : Comment prétendre analyser la situation du Vénézuéla ou le bilan des gouvernements Chavez et Maduro sans nommer ce qu’il subit depuis des années : blocus, ingérences et déstabilisations politique, asphyxie économique, etc ?
Si dans un bureau parisien ces mots peuvent être perçus par des « spécialistes dilettantes » de révolution » comme des abstractions, ce n’est pas le cas pour le peuple vénézuélien. Aucune analyse sérieuse d’une telle situation ne peut faire l’économie du rapport de forces. Aucune réflexion sur la démocratie ne peut ignorer l’agression permanente exercée par les grandes puissances occidentales contre le peuple vénézuélien.
Notre position en pleine agression ne doit souffrir d’aucune ambiguïté ni nuance : les peuples ont le droit à la souveraineté, et aucun État impérialiste n’a à décider qui est légitime ou non ailleurs.
Le peuple vénézuélien ne s’y trompe pas. Il se mobilise massivement et se prépare à la résistance armée non seulement pour dénoncer l’agression militaire mais en prenant comme première revendication la libération de Maduro et de son épouse.
C’était déjà la réponse du peuple algérien à toutes les conditions mises par certains pour soutenir la lutte du FLN, à toutes les nuances mises dans ce soutien, à toutes les positions du Ni-Ni qu’elles soient explicites et assumées ou honteuses et enfermées dans des argumentaires abstraits.
La guerre d’agression contre le Venezuela n’est pas une guerre lointaine. Elle est un des effets d’une crise d’hégémonie de l’impérialisme états-unien dominant la planète depuis 1945 et plus largement encore d’une crise de l’hégémonie de l’impérialisme occidental pluriséculaire. C’est pour réimposer militairement cette hégémonie menacée et les surprofits qui l’accompagne que les Palestiniens subissent un génocide accéléré depuis plus de deux ans, après des décennies d’un génocide plus lent. Les mêmes raisons sont aux sources des martyres des peuples soudanais, congolais, somalien, etc.
Elle n’est pas lointaine non plus parce que pour la mener les Etats impérialistes imposent ici une guerre sociale et une guerre raciale.
Une guerre sociale contre les travailleurs, les chômeurs, les précaires. La hausse des budgets de guerre se traduit inévitablement en baisse de nos conditions d’existence, en hausse de la paupérisation et de la précarisation, en destruction des services publics.
Une guerre raciale contre les immigrations, les quartiers populaires, contre celles et ceux désignés comme boucs émissaires pour détourner les colères populaires légitimes vers de fausses cibles.
Nous vivons dans un climat d’islamophobie d’État toujours plus décomplexé : discours politiques, lois d’exception, pratiques policières quotidiennes.
Une stratégie qui divise, qui détourne la colère sociale, et qui protège un système profondément injuste.
C’est pourquoi nous refusons de compartimenter les luttes.
La Palestine, le Venezuela, l’Afrique, et les quartiers populaires ici sont des fronts différents d’un même combat contre l’ordre impérial, colonial et capitaliste.
L’anti-impérialisme n’est pas un supplément d’âme.
C’est une condition de toute politique émancipatrice réelle.
Notre camp, c’est celui des peuples qui résistent.
Celui de la dignité, de la souveraineté, et de l’égalité réelle, ici comme ailleurs.
Alors aujourd’hui, place de la République, nous l’affirmons collectivement :
Pas de justice sociale sans anti-impérialisme!
Pas de paix sans fin des guerres coloniales !
Pas d’égalité sans lutte contre l’islamophobie d’État !
Farid Bennaï, porte-parole du FUIQP
9/01/2026


