Contre le massacre à Rafah et en Palestine !

Le 8 mai dernier, nous écrivions que  « l’offensive coloniale sur Rafah se transformera nécessairement en massacre de masse ».

Dimanche, un nouvel épisode sanguinaire de la guerre génocidaire menée par l’Etat colonial israélien contre le peuple palestinien de Gaza est venu tragiquement corroborer nos propos.

L’armée sioniste a attaqué un centre de personnes déplacées dans la ville du sud de Gaza. Les premières images nous montrent des tentes abritant les réfugiés en flammes. L’attaque a fait au moins 45 morts selon les derniers bilans.

Ce bilan provisoire risque malheureusement d’augmenter en raison du nombre de personnes souffrant de blessures graves.

Trois jours après que la Cour internationale de justice (CIJ) ait demandé à l’État colonial de cesser son offensive contre Rafah, le massacre de l’armée sioniste est un défi à la justice internationale et au monde.

Toutefois, ce massacre n’a été possible que parce que les puissances occidentales, les Etats-Unis et la France notamment, le permettent en soutenant l’Etat colonial israélien jusque dans ses abjections les plus sanglantes.

Malgré ces massacres de masse et en dépit de toutes les tentatives visant à l’annihiler et à l’expulser, la détermination du peuple palestinien à vivre libre sur sa terre demeure intacte.

Contre la guerre génocidaire d’Israël à Gaza, dont le massacre de Rafah est le dernier épisode, nous devons plus que jamais nous mobiliser.

Occuper est un crime, résister est un droit !

Palestine vivra !

Palestine vaincra !

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

28/05/2024

L’Algérie a vaincu, Kanaky vaincra

« Etat d’urgence », « couvre-feu », envoi de troupes, censure, milices de colons, manipulation du corps électoral, etc., ces termes évoquent, pour beaucoup, la pire période de la « pacification » en Algérie après le vote des pouvoirs spéciaux en 1956. Le retour de ces termes et pratiques en Kanaky en 2024 avec les mêmes conséquences immédiates (déjà cinq morts et des centaines de blessés), les mêmes objectifs (empêcher l’accès à l’indépendance exigé massivement par le peuple), la même propagande (lutte antiterroriste, protection des colons, stopper une violence aveugle et fanatique, rétablissement de l’ordre, etc.), suffit à diagnostiquer les « troubles » et « événements » (autres termes communs aux discours sur l’Algérie de la décennie cinquante du siècle dernier et à ceux sur la Kanaky aujourd’hui) en cours : une guerre coloniale opposant un Etat impérialiste et ses forces militaires et policières d’une part et un peuple aspirant à vivre libre et souverain.

Le peuple kanak n’a jamais accepté la colonisation. Depuis l’arrivée des troupes françaises en 1853 la résistance n’a jamais cessé. En témoigne les grandes insurrections de 1878 et 1917 qui furent noyées dans le sang : « En 1878, une prime était donnée pour chaque paire d’oreilles de soi-disant rebelle tué. Comme les soldats apportaient des oreilles de femmes et d’enfants, on édicta qu’il faudrait apporter les têtes et l’on tint état de ces macabres pièces à conviction. En 1917, à la dernière rébellion, la prime était de 20 F pour un prisonnier et de 25 F pour un mélanésien mort! » rappelle l’ethnologue Jean Guiart.

La résistance du peuple Kanak a contraint le pouvoir colonial à reconnaître formellement le droit à l’autodétermination dont l’ONU exige le respect depuis 1946. La loi dite de « dégel du corp électoral » votée par l’Assemblée nationale dans la nuit du 14 au 15 mai vise à modifier le corps électoral pour piper le résultat du vote d’autodétermination en octroyant à des colons non nés en Kanaky et à leurs descendants le droit de vote sur l’avenir du pays. Avant cette loi qui n’est rien d’autre qu’une tentative d’imposer de force le maintien de la colonisation, seuls les personnes inscrites sur les listes électorales avant la date de signature des accords de Nouméa en 1998 et leurs descendants pouvaient voter au référendum d’autodétermination. Une telle pratique revient à la logique décrite par le grand dramaturge progressiste Berthold Brecht qui disait : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple. » Devant une telle violence institutionnelle et légale, le peuple Kanak n’avait et n’a qu’un seul choix : soit renoncer à son droit à l’indépendance, soit se révolter. Nous avons ici une nouvelle confirmation de la nécessité de ne pas confondre légitimité et légalité. L’esclavage fut jadis légal mais jamais légitime, l’apartheid fut légal mais toujours illégitime.

Comme toutes les colonisations derrière cette violence « légale » se cache la défense d’intérêts économiques et géostratégiques :  1) 20 % des réserves mondiales prouvées de nickel se trouve en Kanaky, 2) la « zone économique exclusive » c’est-à-dire de la zone maritime dont dispose légalement la France du fait de sa possession de la Kanaky recouvre . une superficie de 1 740 000 km2 riche en métaux rares et prometteuse en hydrocarbures, 3) La Kanaky est un nœud stratégique pour le contrôle de la zone Asie-Pacifique, etc. 

Hier comme aujourd’hui, en Kanaky et en Palestine comme ailleurs, la colonisation n’a pour seule raison d’être que le profit et les enjeux géostratégiques permettant de le maximiser.

Vive la lutte du peuple Kanak pour son indépendance

Occuper est un crime, résister est un droit

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)

Contre l’expulsion d’Abdourahmane Ridouane

L’État a exprimé sa volonté d’expulser du territoire français le Président de la mosquée de Pessac, Abdourahmane Ridouane, en raison de son engagement en faveur du peuple palestinien et de sa critique de la politique néocoloniale française en Afrique, notamment au Niger, son pays d’origine.


La procédure d’expulsion d’Abdourahmane Ridouane s’inscrit dans le cadre d’une politique islamophobe de répression et d’étouffement de toutes les voix musulmanes dissonantes et contestataires.


Contre cette politique de gestion coloniale de l’islam et des musulmans, le FUIQP appelle celles et ceux qui sont victimes d’islamophobie à s’organiser et à se mobiliser afin de pouvoir résister aux politiques islamophobes de l’Etat français. 


Nous refusons l’expulsion de Monsieur Abdourahmane Ridouane et de tous les acteurs de l’islam vivant sur le territoire français. 


Nous rappelons notre droit, et même notre devoir, de soutenir le peuple palestinien dans sa lutte légitime. De même, nous rappelons notre droit, et notre devoir, de dénoncer la « françafrique » qui pille les peuples africains de leurs richesses. 


Résister est un droit, coloniser est un crime!

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

26/05/2024

PS : Pétition de SOUTIEN À ABDOURAHMANE RIDOUANE, PRÉSIDENT DE LA MOSQUÉE DE PESSAC, MENACÉ D’EXPULSION PAR GÉRALD DARMANIN

Attaque de Rafah, mobilisons-nous

Après sept mois d’une guerre génocidaire qui a déjà fait plus de 34 000 morts, dont 40% d’enfants, plus de 7 000 disparus et 1,9 million de déplacés sur une population de 2,1 millions d’habitants, l’armée d’occupation israélienne a lancé son offensive terrestre sur la ville frontière de Rafah où 1,5 million de Palestiniens de Gaza se sont réfugiés.

Avant même le lancement de cette offensive, le responsable des territoires palestiniens au Programme alimentaire mondial de l’ONU, Matthew Hollingworth, avertissait que la situation humanitaire à Rafah était dramatique : « il n’y a pas un autre endroit dans le monde où un aussi grand nombre de personnes font face à une famine imminente ».

La prise de contrôle des frontières entre Gaza et l’Egypte par l’armée coloniale réduit encore l’accès des Gazaouis à l’aide humanitaire pourtant vitale pour une population exsangue. Ainsi, dans ce contexte humanitaire déjà catastrophique, l’offensive coloniale sur Rafah se transformera nécessairement en massacre de masse.

La logique coloniale derrière l’attaque sur Rafah est celle que décrivait déjà l’intellectuel palestinien Edward W. Said : « l’idée [est] de frapper les Palestiniens de façon la plus cruelle, de leur rendre la vie intolérable, de les étouffer pour les amener à se dire qu’ils ne peuvent plus rester là ».

En France, nous faisons toute confiance au gouvernement d’Emmanuel Macron pour apporter un soutien inconditionnel aux autorités coloniales israéliennes dans leur volonté d’en finir avec les Palestiniens. Nous faisons particulièrement confiance au ministère de l’Intérieur pour réprimer toute expression de solidarité avec le peuple palestinien victime d’une colonisation infâme. Nous faisons également toute confiance à une Justice aux ordres pour légitimer l’injustice de la répression de l’expression de la solidarité avec le peuple palestinien.

 Parce que les Palestiniens de Gaza ne sont pas des « animaux humains » comme l’a affirmé le ministre de la Défense israélien, Yoav Galant, le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) appelle à participer et à multiplier les initiatives exprimant notre solidarité avec le peuple palestinien.

Palestine Vaincra !

Palestine Vivra!

Communiqué du FUIQP

08/05/2024

Justice pour Nahel Merzouk et toutes les victimes de crimes policiers !

Le 27 juin dernier, Nahel Merzouk, 17 ans, était tué à bout portant à Nanterre par un fonctionnaire de police.

En réaction aux images de cette immonde mise à mort, la rage et la colère accumulées depuis des années se sont exprimées dans un embrasement dévastateur durant plusieurs jours.

Pour tenter de calmer cette colère légitime, le policier qui a tué Nahel Merzouk avait été inculpé pour homicide volontaire et placé en détention provisoire le 29 juin 2023.

Mercredi 15 novembre, le juge d’instruction chargé de l’enquête a décidé de libérer ce policier pourtant toujours inculpé d’homicide volontaire. Le fonctionnaire de 38 ans est désormais placé sous simple contrôle judiciaire.

Le policier pourra ainsi rentrer chez lui pour vivre en famille et reprendre son travail. Sans être sur la voie publique, il pourra occuper des postes administratifs car il lui est quand-même interdit de porter une arme. Ajoutons également qu’il pourrait profiter d’une cagnotte soulevée par un agitateur raciste.

Ce fonctionnaire de police qui a tué Nahel Merzouk, aura donc fait moins de cinq mois de prison avant d’être libéré.

Cette remise en liberté est en réalité une mise en danger car elle envoie une autorisation aux passages à l’acte raciste à tous ceux et à toutes celles qui, en possession d’une arme de fonction, sont en capacité d’ouvrir le feu sur des personnes non-blanches.

Face à ce déni de justice c’est la question même de notre humanité qui se pose. La vie de nos frères n’a-t-elle que si peu de valeur ? Les Arabes, les Noirs ou les Roms sont-ils à ce point déshumanisés pour que leurs assassins soient si peu punis ?

Face à cette injustice manifeste, le FUIQP se doit de rappeler cette évidence niée par la suprématie blanche : Nos vies comptent !

Elles comptent autant que celles de n’importe quel être humain sur cette planète car nous refusons d’être traités comme des sous-hommes dont les vies seraient dénuées de valeur.

Nahel Merzouk vivait et sa vie comptait !

C’est parce que la vie de Nahel Merzouk comptait que nous continuerons à nous battre aux côtés de sa famille et de ses proches pour que justice lui soit rendue ; pour que justice nous soit rendue. Mais pour que justice soit rendue, il nous faudra lutter avec patience et persévérance.

Dénoncer les crimes racistes et le racisme systémique est un devoir. Résister à l’oppression est un droit sacré et inaliénable. Nous organiser pour faire valoir nos droits est une urgence absolue.

Pas de justice, pas de paix !

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

19/11/2023

De nos banlieues à la Palestine, justice globale et totale

Ils auraient voulu nous faire taire avec leurs bottes de l’oppression écrasant nos poitrines, nos cœurs, nos solidarités et notre soutien au peuple palestinien.

Comme lors des révoltes contre les crimes policiers, ici.

Nous avons répondu présent de jour en jour malgré les interdictions; malgré leur répression.

De Paris à Gaza résistance, résistance!

La résistance est la voix de l’existence !

Si nous sommes ici tous ensemble c’est parce que nos quartiers populaires qu’ils veulent faire taire avec leurs violences policières et coloniales, ont une histoire et une mémoire.

La mémoire notamment de la défense et la résistance des peuples opprimés par le colonialisme, par l’impérialisme, par le racisme et par l’islamophobie.

Cette mémoire des solidarités anti-colonialistes et antiracistes va de l’Étoile Nord-Africaine dans les 1920-1930 au Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires aujourd’hui en passant par le Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) dans les années 1970.

Si nous marchons debout la tête haute, le poing levé de Paris à Gaza, dans nos quartiers populaires, c’est pour dire et ne pas taire une vérité historique:

Occupé est un crime, résister est un droit!

Car aujourd’hui certains voudraient voir le peuple palestinien uniquement comme un objet de l’histoire victime passive de la violence coloniale.

Ils lui refusent le droit d’être un sujet de l’histoire résistant à l’oppression coloniale qu’il subit.

La résistance à l’oppression est un droit inhérent de l’Homme ; il est même constitutif de l’humanité du colonisé que le colonisateur veut déshumaniser.

C’est pourquoi le colonisé qui se révolte a raison !

Qui sème la hogra récolte l’intifada !

De nos banlieues à la Palestine, justice globale et totale !

C’est pourquoi nous serons demain a Nanterre à 15h, pour dire :

Justice pour Nahel, pour tous nos frères, pour nos enfants !

Justice pour nos frères et sœurs en Palestine !

Pas de justice, pas de paix

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

Paris, 18/11/2023

Palestine : résister est un droit !

« La cause palestinienne doit être au centre de toute stratégie libératrice. »

Mounir Chafiq, intellectuel palestinien

La colonisation de la Palestine a commencé en 1917 avec la déclaration Balfour. Dans le contexte de la Première Guerre mondiale (1914-1918), le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Arthur Balfour, a déclaré que le Royaume-Uni était favorable à l’établissement d’« un foyer national pour le peuple juif » en Palestine ; terre alors habitée par le peuple arabe palestinien.

Ce projet de colonisation de peuplement a commencé à être mis en œuvre avec le partage des territoires arabes de l’ancien Empire ottoman entre la France – Liban et Syrie – et le Royaume-Uni – Palestine, Jordanie et Irak – en 1920. Les Britanniques favorisèrent la colonisation sioniste durant la période du mandat (1923-1948) où ils occupèrent la Palestine.

Après l’implantation durant le mandat britannique, la colonisation de peuplement de la Palestine rentra dans une seconde phase avec le vote du plan de « partage » du territoire palestinien à l’ONU, le 29 novembre 1947. Décidé par les grandes puissances de l’époque, ce « partage » de la Palestine, qui était une opération de spoliation de la terre palestinienne, se fit sans consulter le peuple palestinien. Le « partage » avait pour seul but de réaliser « légalement » le projet colonial sioniste de constitution d’un Etat ethnique en Palestine.

Projet de colonisation de peuplement, le nouvel Etat fut construit sur le nettoyage ethnique de la population palestinienne qui fut chassée de ses terres. En 1948, environ 800 000 Palestiniens sur les 900 000 qui habitaient les territoires occupés par Israël, furent expulsés en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie, au Liban ou en Syrie.

Le projet colonial ne se limitait pas aux territoires occupés en 1948. Il comprenait la colonisation de l’ensemble de la Palestine et la domination du Machrek afin de préserver les intérêts impérialistes. Le projet colonial se poursuivit par l’attaque des pays arabes par Israël en juin 1967. La défaite des pays arabes entraina l’occupation de nouvelles terres : la Cisjordanie, Gaza, le Golan syrien et le Sinaï égyptien. Suite à cette défaite, 300 000 Palestiniens furent expulsés de leur terre.

Depuis juin 1967, la population palestinienne est divisée en trois grands groupes : les Palestiniens de 1948 vivant au sein d’Israël qui sont soumis à un statut d’exception de sous-citoyens ; les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza qui vivent sous occupation militaire israélienne ; et les Palestiniens réfugiés hors de la Palestine.

Aujourd’hui, la population de Gaza, qui est composée à plus de 80% de descendants de réfugiés du nettoyage ethnique de 1948, vit sous un blocus depuis plus de 16 ans. La population de Cisjordanie vit sous occupation militaire afin, notamment, de protéger les colonies de peuplement qui y ont été implantées par Israël depuis 1967.

L’Etat sioniste ne peut maintenir sa domination coloniale sur le peuple palestinien qu’avec le soutien inconditionnel des Etats-Unis et du bloc occidental qui financent son armée d’occupation.

En effet, l’Etat colonial israélien est « la citadelle de l’impérialisme américain » dans cette région d’une importance économique et géostratégique décisive. Cette citadelle, dotée de l’arme nucléaire, est garante notamment de l’accès de l’économie occidentale (dont bien sûr la France) aux gisements pétroliers et gaziers de la région. C’est donc les impérialismes de tout l’Occident que doit affronter le peuple palestinien pour sa libération. Pour ces raisons, cette résistance est centrale dans les luttes anti-impérialistes.

Face à ce contexte de colonisation de peuplement, de nettoyage ethnique et d’oppression coloniale en général, nous rappelons que, dans la perspective anticolonialiste qui est la nôtre, résister est un droit fondamental des peuples colonisés où qu’ils soient sur la planète et quel que soit leur colonisateur.

Nous rappelons également que, comme l’affirmait Nelson Mandela, « c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte ».

En France, le soutien à la lutte du peuple palestinien a longtemps été minoritaire en raison de la culture coloniale hégémonique dans l’Hexagone. La déshumanisation des non-Blancs en général et des Arabes en particulier et l’identification à un projet colonial occidental expliquent le large soutien dont Israël a longtemps bénéficié à gauche comme à droite de l’échiquier politique français. Rappelons qu’en 1948, tous les grands partis politiques français, dans un unanimisme colonial, ont salué le nettoyage ethnique de la Palestine.

Seule l’immigration maghrébine, au travers de ses organisations comme le Parti du Peuple Algérien (PPA), fut à cette date un réel soutien du peuple palestinien dans sa lutte anticolonialiste légitime.

Après la défaite de 1967, le soutien à la cause palestinienne s’est élargi à de nouveaux secteurs de la société au travers notamment des Comités Palestine. Néanmoins, l’immigration arabe est restée au cœur du mouvement de solidarité avec la constitution dans les années 1970 du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) qui fit de la Palestine un élément central de sa mobilisation.

Journal du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA)

Si durant de nombreuses années, la solidarité avec le peuple palestinien a été stigmatisée, depuis 2014 et l’interdiction des manifestations en faveur de la Palestine par Manuel Valls, nous assistons à une répression et à une criminalisation du soutien à la cause palestinienne.

Une nouvelle étape a été franchie ces derniers jours par le gouvernement Macron-Darmanin avec l’interdiction systématique de toutes les manifestations de solidarité avec la Palestine, les amendes infligées aux manifestants, les arrestations et les mises en garde à vue de personnes ayant exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien, le signalement au parquet de toute expression publique ne correspondant pas à la ligne déterminée par le gouvernement, etc.

Toutes ces attaques sont de graves atteintes aux droits et libertés fondamentales qui démontrent encore une fois un processus de fascisation extrêmement inquiétant. 

Ce basculement et la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine a pour fonction de préserver le racisme systémique en vigueur ici en France et de défendre l’impérialisme français là-bas. La solidarité avec la Palestine est historiquement un facteur déterminant de la politisation des Quartiers Populaires en général et de l’immigration maghrébine en particulier. Cette politisation par la Palestine ne va pas sans remise en cause du racisme systémique et du contrôle social des habitants et habitantes des Quartiers Populaires à l’œuvre dans l’Hexagone.

De plus, face aux mobilisations des non-Blancs contre le racisme systémique, ce dernier se maintient en remettant en cause les droits et libertés démocratiques qui peuvent permettre de contester la suprématie blanche. Encore une fois les dominants préfèrent faire le lit du fascisme plutôt que de voir leurs intérêts remis en cause.

Occuper est un crime, Résister est un droit !

Palestine vivra, Palestine vaincra !

Carte de la Palestine

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

01/11/2023

Résister à la colonisation est un droit !

Le samedi 7 octobre  2023 a vu la résistance palestinienne lancer une opération d’une ampleur inédite, jamais vue, contre l’Etat colonial sioniste : l’opération déluge d’al-Aqsa !

En effet, les différentes factions de la résistance palestinienne par voie terrestre, maritime ou aérienne, ont pris d’assaut plusieurs bases militaires et autres colonies situées dans les territoires de la  Palestine historique de 1948.

Cette action de la résistance palestinienne  n’est pas sans rappeler l’insurrection du 20 août 1955  en Algérie ou l’offensive du Têt de 1968  durant la guerre du Vietnam qui devaient donner un caractère irréversible à la lutte de ces peuples pour l’obtention de l’indépendance nationale et pour la libération de leur terre de l’impérialisme.

L’offensive de la résistance palestinienne s’inscrit dans la même configuration de libération nationale face à l’ennemi colonialiste.

Le blocus ainsi que les différentes guerres menées par l’Etat sioniste depuis 2007 ne sont pas venus à bout de la résistance et de la détermination du peuple palestinien à lutter pour le recouvrement de ses droits historiques, et témoignent bien au contraire de sa vitalité.

Rappelons que les Palestiniens de Gaza aujourd’hui attaqués par l’Etat sioniste sont les descendants de celles et de ceux qui avaient été expulsés de leur demeure en 1948, dévoilant par-là la volonté des colonialistes d’en finir avec le peuple palestinien.

L’opération déluge d’al-Aqsa montre que face à cette volonté coloniale de liquidation, la flamme de la résistance est demeurée intacte au sein de la population palestinienne.

Conformément à leurs habitudes, les pays occidentaux, les médias dominants ainsi que les pays réactionnaires inféodés à l’Occident se sont faits les relais et les portes voix de l’Etat colonial sioniste, en condamnant les offensives palestiniennes, les assimilant de facto à du terrorisme.

Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) joint sa voix aux forces anti-colonialistes et anti-impérialistes en soutenant la résistance palestinienne, et son entreprise de libération nationale.

Vive la Palestine !

Vive la résistance palestinienne !

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

9/10/2023

plus un seul mort dans nos quartiers !

Intervention lors de la manifestation contre le racisme systémique et les violences policières du 23/09/2023

Le FUIQP est une organisation politique nationale qui comme son nom l’indique tente d’organiser les sections surexploitées, réduites au silence et brutalisées des classes populaires

Si nous sommes debout aujourd’hui c’est que nous sommes les héritiers de tous les résistants au racisme systémique qui voit le jour avec la mise en place du système colonial et qui perdure jusqu’à aujourd’hui.

Si nous sommes révoltés aujourd’hui c’est que nous sommes les héritiers de toutes les victimes des violences policières qui sont indissociables de ce racisme systémique puisqu’elles en sont le résultat logique.

Si nous sommes debout c’est pour lutter comme l’ont fait nos parents, nos anciens pour briser les chaînes de l’esclavagisme, du colonialisme.

Comme l’on fait les militants du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) dans la décennie 70, les marcheurs de 1983 contre le racisme et pour l’égalité et depuis les dizaines de comités de familles de victimes.

Mais ces violences policières séculaires contre les immigrations et leurs héritiers sont elles-mêmes l’outil de la reproduction d’une surexploitation qui prend les visages de la hogra, des discriminations massives, des humiliations et de la déshumanisation.

C’est cette surexploitation et les violences policières et militaires dont elle a besoin qui tue depuis des décennies dans nos quartiers populaires et qui fait rougir la méditerranée du sang de milliers d’êtres humains poussés à risquer leur vie par la prédation impérialiste et les guerres qu’elle suscite.

Si nous sommes ensemble dans la rue c’est pour crier plus un seul mort dans nos quartiers !

Nous ne laisserons pas faire !

Qui sème la hogra récolte l’intifada !

Si nous portons de nombreuses revendications certaines d’entre elles revêtent dans notre contexte de fascisation un caractère prioritaire:

  • Ainsi en est-il du combat pour l’amnistie des condamnés des révoltes légitimes de juin dernier. Ce combat doit être le combat prioritaire de tous ceux qui refusent un antiracisme de bonne conscience.
  • Ainsi en est-il du combat contre l’islamophobie et pour l’abrogation de toutes les lois et mesures qui l’ont propulsée de la loi de 2004 contre le foulard à l’école au délire mortifère sur l’abaya aujourd’hui. Ce combat doit être celui de tous ceux qui refusent un antiracisme édenté.
  • Ainsi en est-il enfin du combat pour une véritable épuration de la police de ses éléments fascistes et racistes.

La colère des jeunes de nos quartiers populaires est légitime. Elle est un cri de vie et d’espoir. Elle constitue le refus d’une société immonde et pourrissante.

Soyons à la hauteur pour lui répondre car il s’agit de nos enfants, de nos petits frères et petites sœurs, qu’ils assassinent et humilient au quotidien.

Si nous sommes là aujourd’hui c’est parce que nous le devons à nos anciens qui n’ont jamais baissé la tête et à nos enfants qui se sont révoltés partout en France.

C’est pourquoi nous disons organisons nous pour lutter contre le racisme d’Etat, l’islamophobie, et les violences policières !

Le FUIQP vous donne rendez-vous à Marseille le 29 et 30 septembre pour ne pas oublier les crimes racistes d’octobre 1973, les 40 ans de la marche pour continuer le combat.

Pas de justice, pas de paix !

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

23/09/2023

LE PARI DU NOUS ?

Nous, collectif de personnes racisées, avons participé à la réunion inter-orgas du 12 sept, en vue de préparer la manifestation du 23 septembre à la suite de l’appel national à se mobiliser contre les crimes policiers et le racisme

Nous étions enthousiastes à l’idée de former un front unitaire contre le racisme d’état, mais surtout de dénoncer une énième loi islamophobe interdisant à des jeunes filles de porter la abaya ou tout autres vêtements pouvant affirmer leur islamité.

Dès le début de cette réunion, nous avons compris très vite, qu’une fois de plus, notre présence ne servait qu’à cautionner leur action antiraciste.

La disposition de la salle en témoignait : Toutes les personnes racisées étaient debout dos au mur ou dans le meilleur des cas, assises sur des tables, derrière les militant.es blanc.hes assises en 1ère ligne autour de la table.

Cette scène digne d’un tableau colonial n’a interpellé personne.

Tandis que leurs principales préoccupations se focalisaient sur le trajet ou l’heure de la manifestation, avec des propositions hors sol et un fantasme sur les « quartiers populaires », le Collectif des Femmes Musulmanes, le FUIQP et les FRAP ont recentré le débat sur les véritables enjeux politiques de cette manifestation.

Nous avons demandé à ce que nos collectifs prennent la tête du cortège avec nos banderoles afin de donner une visibilité aux femmes musulmanes, aux jeunes filles harcelées politiquement et médiatiquement depuis la rentrée, aux personnes sans-papier, mal-logées et toutes les personnes racisées subissant au quotidien racisme, islamophobie, sexisme et répression.

Nous pensions que cette proposition évidente et légitime au plus haut point, serait validée à l’unanimité.

Nous avons reçu pour toute réponse, une avalanche de propos à la fois méprisante, violente, raciste, sexiste et islamophobe.

« mettre les femmes musulmanes devant, c’est invisibiliser les blancs » (citation prise dans le compte-rendu officiel de la réunion).

De la CGT à la CNT, du PCF au NPA, d’Exctinction rébellion à l’Action Antifasciste, en passant par les syndicats étudiants et les organisation politiques « anticapitalistes, antifascistes et révolutionnaires », personne n’a stoppé les propos violents, ni dénoncé les intimidations et donné une réponse claire aux femmes musulmanes. Aucun n’a eu ni la volonté politique ni le courage d’assumer une position de soutien à un collectif de femmes musulmanes.

Seuls les quatre collectifs féministes présents ont soutenu notre demande.

Les militant.es blancs présents parlaient de notre positionnement dans le cortège comme si nous étions une variable d’ajustement à la leur disposition. Tout comme leurs ancêtres, ils s’autorisent à disposer de nos corps comme bon leur semble.

Face aux hurlements des uns et au silence complice des autres, nos trois collectifs ont quitté la réunion.

Évidemment, nous ne porterons pas la banderole de la CGT avec vos membres noirs et arabes que vous mettrez devant pour soulager votre conscience. Et non, nous ne seront pas vos arabes et noirs de services qui vous légitimeront.

Depuis des décennies ces organisations, de la gauche à l’extrême gauche, des partis politiques aux syndicats s’approprient nos luttes antiracistes, les vident de leurs sens et les gardent sous contrôle.

Ce sabotage d’une part, a pour seul objectif de préserver leurs privilèges blancs. Privilèges dont ils ont fermement nié l’existence durant cette réunion. D’autre part de tenir sous tutelle les collectifs antiracistes racisés, car ils n’acceptent pas l’autonomie de nos luttes et de modes d’organisation.

Ces stratégies destructrices et cette violence témoignent de l’impossibilité aujourd’hui à Grenoble de lutter avec ces organisations blanches.

Les luttes antiracistes doivent être portées par les personnes racisées, seuls à définir leur mode d’organisation et leur agenda de lutte.

Les personnes non concernées ne peuvent être que soutenantes ou alliés.

Malcom X disait : « Personne ne peut vous donner l’égalité et la justice, c’est à vous de la prendre »

Il est donc urgent que nous nous organisions entre nous et pour nous.

C’est pourquoi nous lançons un appel à tous nos camarades racisé.es

pour participer à la première

Assemblée Antiraciste des personnes racisées

ce samedi 23 septembre à 16h30 au jardin de ville.

Collectif des Femmes Muslmanes

Féministes Racisées Anti-Patriarcat (FRAP)

FUIQP – Grenoble