A propos de la validation par le Conseil d’Etat de la dissolution du CCIF

Refusons l’antiracisme à durée déterminée

Sans surprise le Conseil d’Etat a validé le 24 septembre la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Au prétexte de la lutte contre « l’islamisme » c’est ainsi à une association antiraciste que s’attaque le gouvernement. Alors que l’islamophobie est une des formes du racisme contemporain les plus présentes dans l’hexagone et la plus en développement, une des rares associations se consacrant à la combattre se voit priver de ses moyens d’action. Cette validation du conseil d’Etat se déploie en outre dans un contexte médiatique et politique de libération de la parole raciste en général et islamophobe en particulier, de banalisation des idées d’un Zemmour du fait de la promotion médiatique dont il bénéficie, de focalisation de la campagne des présidentielles sur les questions de l’identité, de l’immigration, de l’islam, etc.

Suite à cette décision du Conseil d’Etat de nombreuses associations se sont exprimées individuellement ou collectivement pour condamner la validation du conseil d’Etat et en souligner les dangers. Le FUIQP s’associe évidemment à ces condamnations. Notre organisation ne cesse, en effet, d’appeler à la mobilisation contre l’islamophobie depuis plusieurs décennies et à souligner le caractère central de cette forme de racisme dans l’offensive idéologique dominante réactionnaire.

Toutefois, force est de constater le caractère tardif de la prise de conscience, des dangers portées par l’islamophobie, par un certain nombre de ces associations. De même, de nombreuses associations sont restées silencieuses au moment des mobilisations contre la loi sur le « séparatisme » dont une des conséquences les plus immédiates est l’épée de Damoclès de la dissolution pour faire taire les voix dissidentes. Cette loi du 24 août 2021 dite « confortant les principes de la République » n’a pas eu la réponse militante qu’elle méritait, alors qu’elle est une loi d’exception et une expression du racisme d’Etat, du fait du silence de certains d’une part et du choix de privilégier le combat contre l’autre loi liberticide de la période d’autre part : la loi sur la sécurité globale.  Ce double standard de la mobilisation face à ces deux lois a été ressenti comme un isolement objectif par de nombreux habitants des quartiers populaires et par les groupes militants qui se sont mobilisés contre la loi sur le séparatisme.

La conclusion essentielle de cette amère expérience est plus que jamais la réaffirmation de la nécessité de bâtir une organisation autonome des héritiers des luttes des immigrations et des quartiers populaires sans laquelle nos préoccupations premières continueront d’être reléguées à un rang second de l’agenda des mobilisations ; sans laquelle le paternalisme et le fraternalisme continuera de régner dans les rapports aux populations héritières de l’immigration et des quartiers populaires ; sans laquelle l’antiracisme folklorique restera prédominant ; sans laquelle nous resteront cantonnés dans le rôle de « réserve de bulletins de vote » pour les rabatteurs de tous poils et les antiracistes à durée déterminée [la durée de chaque campagne électorale] ; etc.

Subissant directement l’islamophobie, notre engagement ne saurait être déterminé par autre chose que la défense de nos droits et de nos libertés.

Il est grand temps de nous organiser et de s’unir pour ne plus subir

Contre la criminalisation du soutien à la Palestine

Soutien à Walid Atallah, porte-parole de l’Association des Palestiniens d’Île de France

Walid Atallah, porte-parole de l’Association des Palestiniens d’Île de France, est convoqué aujourd’hui, jeudi 20 mai 2021 à 15h, dans les bureaux de la brigade de répression de la délinquance contre la personne. Il est mis en cause dans le cadre d’une procédure judiciaire pour « organisation d’une manifestation interdite ». Les faits se sont déroulés à Paris le samedi 15 mai 2021 à Paris.

Cette manifestation en commémoration de la Nakba et en soutien au peuple palestinien avait été autorisée par la préfecture de police de Paris le 12 mai avant d’être interdite le 13 suite aux instructions du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui cherche à criminaliser toute forme de solidarité avec la Palestine.

Nous condamnons fermement cette convocation d’un militant palestinien connu pour son engagement contre le colonialisme et en faveur de la Palestine, comme nous condamnons l’interdiction de la manifestation du 15 mai 2021 à Paris et la répression menée par la police dans le quartier de Barbès contre les manifestants qui ont courageusement bravé cette interdiction liberticide.

Nous rappelons que la France est un des rares pays dans le monde à avoir interdit les manifestations ou les rassemblements de soutien au peuple palestinien. Étrange conception du droit et de la liberté pour un pays qui ne cesse de se targuer d’être la « patrie des Droits de l’Homme » ?

Nous, FUIQP, exprimons notre soutien à Walid Atallah, à l’Association des Palestiniens d’Île de France et plus généralement à tous ceux et toutes celles qui sont attaqués pour avoir légitimement exprimé leur soutien à la résistance du peuple palestinien contre la colonisation.

Occuper est un crime, Résister est un droit

Communiqué du Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)

Paris, 20/05/2021



Des milliers pour la Palestine à Barbès, malgré l’interdiction et la répression

Des milliers de manifestants ont bravé l’interdiction de manifester samedi 15 mai en soutien à la lutte du peuple palestinien, pour dénoncer les crimes de guerre d’Israël, et la complicité de l’État français incarné par Macron.

Des milliers ont manifesté jusqu’à la République et dans le nord de Paris, malgré les moyens de répression exceptionnels : 4200 policiers et gendarmes déployés contre les manifestants, des canons à eau, des charges, des nassages et des gazages.

Macron et Darmanin prétendaient « empêcher une importation du conflit », ils n’ont fait qu’importer en pleine capitale le traitement colonial des quartiers populaires : bouclage policier et fermeture forcée des transports en commun et des commerces de la moitié du 18ème arrondissement.

Dans toute la France, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pacifiquement leur soutien à la lutte du peuple palestinien. C’est l’interdiction de la manifestation parisienne qui a provoqué les heurts et la colère en bafouant un droit inaliénable.

Toute notre solidarité va aux blessés et aux emprisonnés suite à la répression de la manifestation. Nous appelons l’ensemble des citoyens et des organisations attachées aux libertés à nous aider à les défendre.

Nous appelons également toutes et tous a rester attentifs aux prochaines mobilisations qui auront lieu si la situation en Palestine perdure. Le 15 mai, journée de commémoration de la Nakba – expulsion des Palestiniens en 1948 – des manifestations ont eu lieu partout en Palestine occupée et ont été durement réprimée. Israël intensifie également chaque jour ses frappes aériennes et ses tirs d’artillerie sur la bande de Gaza.

La solidarité et la discipline dont ont fait preuve les milliers de manifestants leur a permis de tenir la rue, de faire entendre nos slogans de soutien à la lutte du peuple palestinien :

Israël assassin, Macron complice !

Soutien à la résistance du peuple palestinien contre la colonisation et l’occupation !

____________________________

Premiers signataires :

Action Antifasciste Paris Banlieue

Acta

AFPS Paris 14-6

Alternatives et Autogestion

Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)

ANC

Association Marocaine des Droits Humains ( AMDH ) Paris/IDF

Association de Palestiniens en IdF

ATMF

CAPJPO-EuroPalestine

CGT énergie Paris

Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

Coordination contre la loi séparatisme

Emancipation tendance intersyndicale

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)

Fondation Frantz Fanon

Forum Palestine Citoyenneté

Front contre l’islamophobie et pour l’égalité des droits de tou-te-s

FUIQP

ISM-France

Islam&Info

Montreuil Palestine

Paroles D’Honneur

PIR

Pour une Écologie Populaire et Sociale

Rete dei Comunisti (Italie)

UJFP

UL CGT Paris 18

Union des Tunisiens pour l’Action Citoyenne (UTAC)

Occuper est un crime, Résister est un droit

Depuis plus de trois semaines l’armée israélienne et des bandes de suprémacistes israéliens s’attaquent aux Palestiniens de Jérusalem aux cris de « mort aux Arabes » dans un silence assourdissant des grands médias et du gouvernement.

Depuis plus de trois semaines des soldats et miliciens sionistes tentent d’interdire l’accès à Jérusalem et aux lieux saints en plein ramadan sans que l’information ne filtre dans les colonnes ou les ondes des grands médias ou ne suscite la moindre condamnation officielle en France. Le 7 et le 10 mai l’armée israélienne lance des assauts contre la Mosquée al-Aqsa sans que cela ne fasse sortir notre presse et notre gouvernement démocratiques de leur mutisme.

Depuis plus de trois semaines l’armée et des milices fascistes répriment violemment les manifestations palestiniennes protestant contre les expulsions forcées de familles palestiniennes de leurs habitations du quartier de Sheikh Jarrah sans que le mutisme médiatique et politique ne soit rompu.

Depuis plus de trois semaines des destructions de logements de familles palestiniennes du quartier de Silwan ont eu lieu et, depuis plusieurs jours, les Palestiniens de l’intérieur sont victimes de lynchages, avec le même silence complice.

Telle est la réalité de ce qui se déroule à Jérusalem depuis plusieurs semaines. Telle est la réalité de la couverture médiatique et politique dominante de ces pratiques fascistes de l’État israélien et des milices tout autant fascistes.

Il a suffi en revanche que des Palestiniens décident de répondre par des tirs de roquettes pour que la presse et notre gouvernement se réveillent. Après trois semaines de silence, nous sommes désormais quotidiennement abreuvés de la propagande de soutien au gouvernement israélien. Cette désinformation consiste à occulter le contexte historique des affrontements en cours, à renvoyer dos-à-dos, le bourreau et ses victimes et à mettre sur le même plan les roquettes de David et les avions et bombes de Goliath.

Occulter le contexte historique c’est ne pas rappeler que Jérusalem est occupé par l’État israélien et son armée depuis 54 ans et que cette annexion est condamnée par toutes les instances internationales. Occulter le contexte c’est taire la multiplication des colonies en Cisjordanie et les expulsions de logements à Jérusalem, c’est taire le blocus de Gaza qui dure depuis 14 ans, c’est taire ce qui s’appelle un nettoyage ethnique.

Mettre sur le même plan le bourreau et ses victimes c’est parler d’un « conflit israélo-palestinien », d’une « escalade entre deux camps » ou du « cycle infernal des violences » alors que nous sommes en présence d’un État, d’une armée et de milices qui agressent et d’un peuple qui résiste.

Non content de se taire sur les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le nettoyage ethnique commis par l’État sioniste, le gouvernement Macron voudrait nous interdire de manifester notre soutien au peuple palestinien en interdisant nos manifestations. Il est de surcroît applaudit dans cette décision par des ténors du Parti socialiste, en particulier par Anne Hidalgo. L’accusation d’antisémitisme qui nous est faite, de même que celle de « danger de trouble à l’ordre public » ne sont que des mensonges officiels visant à nous faire taire devant l’inadmissible.

C’est pourquoi le FUIQP rappelle que les droits humains sont inaliénables, que ce soit le droit des Palestiniens à se défendre contre l’oppression ou notre droit de manifester notre soutien à ce peuple devenu le symbole de toutes les résistances. On ne peut pas interdire ce qui est inaliénable. Nous manifestons aujourd’hui et nous manifesterons demain tout comme les Palestiniens résistent aujourd’hui et résisteront demain.

Occuper est un crime, Résister est un droit

Front uni des immigrations et des quartiers populaires

Paris, 15/05/2021

Contre la permanence de la nakba, soutenir la résistance du peuple palestinien

Il y a 73 ans, en 1948, le peuple palestinien vivait la nakba – la catastrophe – c’est-à-dire le nettoyage ethnique de la population arabe palestinienne de la Palestine. 800 000 Palestinien-ne-s furent ainsi chassé-e-s de leurs terres et de leurs demeures alors que les colonisateurs sionistes détruisirent 531 villages et 300 hameaux pour empêcher le retour des Palestinien-ne-s.

Mais, depuis 1948, le peuple palestinien vit une nakba ininterrompue marquée par les massacres, les expulsions, les violences et plus largement une domination coloniale reléguant les Palestinien-ne-s à un état de sous-humanité.

Aujourd’hui, l’État colonial cherche à rendre la vie impossible aux Palestinien-ne-s d’al-Quds (Jérusalem), notamment du quartier de Cheikh Jarrah, afin de les contraindre à partir pour « unifier » la ville et la transformer en « capitale éternelle d’Israël ». Dans ce cadre, l’État colonial profane l’Esplanade des Mosquées qui comprend le troisième lieu saint de l’islam, la mosquée al-Aqsa. Il pratique également un blocus inhumain depuis 14 ans sur Gaza et, ses dernières heures, il a déjà tué 119 personnes, dont 31 enfants, dans l’enclave palestinienne. En Cisjordanie, il favorise l’implantation de colons afin de rendre impossible toute rétrocession du territoire.

Les Palestinien-ne-s qui sont aujourd’hui attaqué-e-s par l’État colonial sont les descendant-e-s des Palestinien-ne-s qui ont été expulsé-e-s de leur terre en 1948 ce qui montre la permanence de la nakba vécue par le peuple palestinien depuis 73 ans.

Dans son entreprise de colonisation de la Palestine, l’État sioniste bénéficie depuis 73 ans du soutien des forces impérialistes en général et de la France en particulier. Du vote en faveur de la création de l’État colonial en 1947 à l’ONU à la répression de la Révolution algérienne (1954-1962), de l’agression tripartite contre Suez en 1956 aux différentes guerres menées contre le Liban, en passant par la fourniture de l’arme nucléaire à Israël ou par la Guerre du Golfe de 1991, les impérialistes français et les sionistes se sont alliés pour maintenir l’hégémonie occidentale sur la nation arabe. Le pouvoir français actuel s’inscrit pleinement dans la perpétuation de cette alliance coloniale qui a été scellée dans les guerres menées contre les peuples en lutte pour leur libération.

Néanmoins, lorsque les nuages de l’oppression assombrissent le ciel, la lumière de la résistance reste toujours perceptible.

Ainsi, contre le nettoyage ethnique et la colonisation, le peuple palestinien résiste depuis un siècle contre l’occupation britannique (1920-1948) et contre la colonisation sioniste. Car, comme l’écrivait Edward Saïd, « l’idée de frapper les Palestiniens de façon la plus cruelle, de leur rendre la vie intolérable, de les étouffer pour les amener à se dire qu’ils ne peuvent plus rester là et qu’ils abdiquent n’a donné aucun résultat, la flamme de la résistance est demeurée intacte ».

Notre premier devoir, ici en France, est de soutenir la résistance du peuple palestinien qui lutte contre la colonisation et pour son droit à exister en tant qu’être humain et en tant que peuple. Dans le cadre de ce soutien, nous affirmons qu’il appartient seulement au peuple palestinien de déterminer les modalités de sa résistance et de choisir les organisations qui la mènent.

En conséquence, nous appelons tous les individus épris de justice et de liberté à descendre dans les rues, à manifester et à agir pour dénoncer l’État colonial et sa politique criminelle. De même, nous les appelons à dénoncer les impérialistes occidentaux qui sont les complices des crimes coloniaux en Palestine.

Nous exigeons ainsi que l’État français mette fin à sa collaboration politique, économique, militaire et culturelle avec l’État sioniste. Nous exigeons la même chose de l’Union européenne, et plus particulièrement qu’elle rompe ses accords commerciaux avec l’État colonial.

Nous appelons au boycott de l’État colonial et nous soutenons la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS).

Nous appelons enfin les différents mouvements de soutien à la Palestine à construire un front large afin d’organiser ensemble la solidarité avec la lutte de libération nationale du peuple palestinien.

Vive la Palestine !

Tahia Filistine !

Vive la résistance !

Tahia al-mouqawama !

Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP)

Contre la loi « séparatisme » : objectif 50 000 signatures

Plus de 24 000 signatures ont été récoltées pour exiger le retrait de ce texte indigne, encore aggravé par le Sénat. Avant son retour à l’Assemblée nationale, passons à la vitesse supérieure ! Signez massivement cette pétition !

En 10 jours, la pétition exigeant le retrait de la loi inique « confortant les principes républicains » a recueilli 24 000 signatures. Ce succès montre une prise de conscience des dangers mortels que fait peser sur notre société et sur nos libertés démocratiques cette loi. Initiée par le Front contre l’Islamophobie et pour l’Égalité des droits pour tou-te-s, elle s’inscrit dans le cadre de la mobilisation qui a réuni des milliers de manifestants dans une dizaine de villes le 21 mars.

Aujourd’hui la situation est encore plus dangereuse que lorsque nous avons initié cette pétition. Car le Sénat a encore aggravé ce texte dans une surenchère raciste décomplexée, tel un concours « Lépine » de l’islamophobie : interdiction du port du foulard pour les accompagnatrices scolaires, interdiction du port du foulard pour les mineures dans l’espace public, interdiction du port du foulard dans les rencontres sportives, interdiction du burkini dans les piscines ; retrait des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire ; possibilité de dissoudre des associations organisant des réunions dites « non-mixtes » ; possibilité de refus d’un titre de séjour [ou le renouvellement de celui-ci] pour les personnes considérées comme menaçant les principes de la République ; interdiction des drapeaux étrangers [sauf ceux des pays membres de l’Union européenne] dans les mariages, etc.

Ces amendements mettent en évidence la logique qui conduit à l’instauration d’une islamophobie d’État légalisée, à une banalisation du racisme en général et de l’islamophobie en particulier. Ces signaux donnés par en haut ne peuvent que développer l’islamophobie d’en bas. Comme nous l’avions annoncé, le climat autour de ce projet de loi contre le pseudo « séparatisme » a permis des passages à l’acte racistes : une journaliste portant le foulard a reçu des menaces de mort ; sur les réseaux sociaux, un appel à empoisonner les produits halals dans les supermarchés a été diffusé ; Nantes, incendie de la mosquée Arrhama ; Rennes, les murs du centre culturel musulman Avicenne ont été recouverts de tags islamophobes ; un homme se revendiquant du nazisme et qui préparait un attentat contre la mosquée du Mans a été arrêté, etc.

Avant le retour de ce texte scélérat à l’Assemblée nationale, nous devons renforcer notre mobilisation : notre objectif est d’atteindre les 50 000 signatures ! C’est pourquoi le Front Contre l’Islamophobie et pour l’Égalité des droits pour tou-te-s appelle à :

  • Interpeller les élus sur leur position sur ce projet de loi
  • Interpeller les candidats aux futures élections [départementale, régionale et nationale]
  • S’emparer de la pétition pour la rendre massive avant de la déposer au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU
  • Construire des comités locaux du Front Contre l’Islamophobie et pour l’Égalité des droits pour tou-te-s pour nous mobiliser contre la société islamophobe que promeut ce projet de loi.

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ». Bertolt Brecht

Soutien total à Samir Elyes

Militant historique des luttes de l’immigration et des quartiers populaires, Samir Elyes fait l’objet d’une enquête préliminaire pour « injure publique envers une administration publique ». Il lui est reproché le contenu de son intervention tenue lors de la Marche des Solidarités, rassemblement contre le racisme et les violences policières, le 20 mars 2021. Lors de sa prise de parole, il y dénonçait le racisme de la justice française, le traitement particulier réservé aux familles noires et arabes et la délivrance, par la justice, d’un « permis de tuer » aux policiers.


L’évocation de ce « permis de tuer » qui vaut à Samir cette mise en examen, est pourtant une réalité que dénoncent de nombreux militants et associations depuis plusieurs décennies. Rappelons par exemple que lors du procès opposant la Famille Khaïf au policier Hiblot, le président de la FPIP [syndicat de police très à droite] M. Philippe Biltauld, réclama le « droit de tirer pour les policiers » (le courrier du 27 janvier 1999). L’acquittement du policier Hiblot, après 10 ans de procédure, sonna comme une véritable reconnaissance de ce « droit ». Celui-ci tua en effet M. Youssef Khaïf d’une balle dans la nuque éliminant ainsi toute validité à l’argument de « légitime défense ».


Samir Elyes sait ce qu’il dit du fait de son expérience de plus de deux décennies au sein de différentes organisations (Mouvement de l’Immigration des Banlieues (MIB), Forum Social des Quartiers Populaires (FSQP) et Comité Adama) toutes investies au sein de différents « Comité Justice et Vérité ». Il est particulièrement visé comme le démontre la mobilisation des syndicats de police, de la droite et de l’extrême droite accompagnée et soutenue par les médias pour dénoncer un discours qui « inciterait à la haine et la violence ». Décrire et dénoncer une réalité de violence devient ainsi « inciter à la violence ».


La « judiciarisation » du discours de Samir n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans un contexte de criminalisation – des associations, organisations, groupes et personnes œuvrant sur la question du racisme, de l’accès aux droits et des libertés (CCIF- Baraka city- UNEF-universitaires). Elle est connectée avec les deux projets de loi complémentaires [sur la sécurité globale et contre le pseudo séparatisme] visant à criminaliser les militants, à réprimer la critique politique, à diffuser la peur et l’auto-censure. En particulier le projet de loi contre le pseudo séparatisme, rebaptisé « loi confortant le respect des principes de la République », cible spécifiquement les quartiers populaires, les personnes issues de l’immigration, les musulmans ou apparentés comme tel. Véritable loi d’exception islamophobe, elle prône l’arbitraire, le contrôle et la surveillance renforcée. Elle s’appuiera sur la « loi sécurité globale » prévoyant une augmentation des contrôles arbitraires et même la participation de sociétés de surveillance privées.


Par ces lois complémentaires ce gouvernement prépare une politique de terreur pour certains, de « béni oui- oui » pour d’autres, voire de « larbinisme » où la suspicion est généralisée, abordant les habitants des quartiers de confession musulmane (ou assimilés) comme ennemis de l’intérieur qui devront montrer « patte blanche » pour avoir droit de cité. L’amendement UNEF ajouté lors du passage de ce projet de loi au Sénat, permettra de réprimer n’importe quel collectif au motif d’une « mixité » insuffisante. Il s’agit ni plus ni moins que de légaliser l’arbitraire, cet amendement permettant d’invalider toute revendication issue des quartiers ou de l’immigration notamment pour les comités « justice et vérité » qui risquent de se voir dissoudre si le quota de « blanchité » n’est pas respecté.


Les accusations portées contre Samir sont indissociables de ce projet politique global visant à empêcher l’expression politique de la colère légitime des populations issues de l’immigration et des quartiers populaires contre les discriminations et les violences policières systémiques d’une part et à interdire leur organisation autonome d’autre part.


Pour toute ces raisons, le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP) soutiendra Sami Elyes dans ce combat. Défendre Samir c’est nous défendre nous-mêmes.


Soutenir Samir ce n’est rien d’autre que défendre le droit à l’égalité, à la justice et à la dignité pour tous.

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)

14/04/2021

NON A LA LOI ISLAMOPHOBE ET LIBERTICIDE

Nos organisations, qui pour certaines rassemblent en nombre des personnes de confession et de culture musulmanes, font l’amer constat qu’une fois de plus l’islamophobie est mobilisée au plus haut sommet de l’État avec le projet de loi « contre les séparatismes », loi qui dans les faits est précisément une loi séparatiste et raciste.

ÇA SUFFIT !

Avec un cynisme démesuré, le gouvernement instrumentalise le terrorisme, ses victimes et nos émotions pour faire de chaque musulman.e un ennemi de l’intérieur. De la chasse à de prétendus « signaux faibles » à la focalisation sur le port du foulard, à travers une pluie d’amendements à ce projet de loi, nos vies, nos coutumes, nos pratiques, notre foi sont épiées, traquées, disséquées, essentialisées, stigmatisées et infériorisées. C’est ce statut de sous-citoyenneté qui permet des perquisitions en dehors de tout cadre judiciaire, perquisitions qui au demeurant sont totalement inefficaces contre le terrorisme comme le savent les pouvoirs publics et dont le seul objectif est selon le ministre de l’Intérieur de donner un signal. Sans doute, un signal pour terroriser une partie d’entre nous, mais aussi un signal à l’endroit d’un électorat enclin à voter sur des positions islamophobes. Les musulman.e.s de ce pays ne supportent plus d’être réduit.e.s à une variable d’ajustement électorale. Nous refusons que ce projet de loi qui devrait être discuté jusqu’à la prochaine présidentielle serve de tremplin aux plus audacieux islamophobes, toujours prêts à surenchérir pour la prise du pouvoir. Nous refusons que l’Islam et les musulman.e.s soient jeté.e.s en pâture lors des débats alors même que les crises et urgences sanitaire, sociale, économique et écologique s’accentuent.

ÇA SUFFIT !

Le gouvernement instrumentalise la laïcité en la dévoyant de son esprit et de sa lettre originels de 1905 pour mettre sous tutelle le culte musulman et s’ingérer dans son organisation, une ingérence qui ne concernerait pas les autres cultes, comme l’a souligné M. Darmanin en personne. A ce titre, il s’arroge le droit de désigner pour et à la place des musulman.e.s ceux qui sont dignes de nous représenter, comme durant la période coloniale. Il menace des fédérations musulmanes, des mosquées… les contraignant à se soumettre à une charte de principes contraire aux principes même de la laïcité et à la liberté de contestation, sous peine de dissolution administrative, hors cadre juridique. En lieu et place du droit commun, c’est l’arbitraire administratif et un droit d’exception qui s’exercent.

ÇA SUFFIT !

Le gouvernement instrumentalise les inégalités de genre, qui sont structurelles et traversent pourtant tous les espaces sociaux, y compris ceux du pouvoir, pour ne les voir, les dénoncer, les hypertrophier et bien souvent les inventer dans les seules pratiques liées à l’Islam ; faisant fi au passage de la parole et du vécu des premières concernées, de confession et de culture musulmanes. Tandis qu’il organise en parallèle l’effacement total des femmes musulmanes, jusqu’à remettre en question leur droit de porter le voile dans l’espace public.

ÇA SUFFIT !

Le gouvernement instrumentalise l’État de droit pour défaire nos droits et particulièrement le premier d’entre eux, celui de la liberté de conscience, celle de croire ou de ne pas croire. Le ministre de l’Intérieur va jusqu’à exiger d’un croyant ou d’une croyante qu’il ou elle mette « les lois de la République au-dessus de la loi de Dieu », ce qui relève d’une absurdité confondante d’autant plus que son rôle est de faire respecter les lois de la République sans avoir à reconnaître d’autres lois, au nom précisément de la neutralité de l’État. La liberté de culte est menacée comme le souligne la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNCDH) entre autres par une déclaration préalable en préfecture à renouveler tous les 5 ans, relevant d’« une méfiance injustifiée » pour reprendre ses termes.

ÇA SUFFIT !

Ce projet de loi s’attaque aux droits des associations et pas seulement celles qui relèvent du cultuel, alors qu’elles sont soumises au respect des lois républicaines de par leur déclaration en préfecture : il exige d’elles la signature d’un contrat d’engagement républicain, offrant là encore une interprétation de son non-respect suffisamment large pour que n’importe quel préfet puisse selon son bon vouloir les dissoudre, les assécher financièrement, retirer leur agrément, s’opposer à l’embauche de contrats jeunes en leur sein. Pour elles aussi, la liberté d’expression est menacée et le recours à la désobéissance civile non-violente sera interprété comme un « trouble à l’ordre public ». Ce n’est pas pour rien que la Défenseure des droits s’inquiète de ce que ce projet participe d’un « renforcement global de l’ordre social ». Ce n’est pas pour rien que beaucoup d’entre nous, parce que musulmans et musulmanes, sont tétanisé.e.s par cette islamophobie que les premiers de cordée ont initiée. Macron en personne convoquait la théorie du ruissellement, celle qui en pratique devait se traduire par une répartition des richesses des plus riches vers les plus pauvres, notamment dans les zones rurales et les quartiers populaires. A la place, il nous propose un tsunami de propos et de lois racistes et liberticides comme celles sur le séparatisme et sur la sécurité globale.

ÇA SUFFIT !

Nous vous appelons à rejoindre Le Front contre l’islamophobie et pour l’égalité des droits de toutes et tous.

Nous manifesterons partout en France, le dimanche 21 mars 2021.

N’ayons pas peur ! Il s’agit de défendre nos droits, nos libertés, notre dignité.

Front contre l’islamophobie et pour l’égalité des droits de toutes et tous. Pour les organisations qui souhaitent être signataires, merci de nous écrire à cette adresse : frontcontrelislamophobie@gmail.com

La page facebook : https://www.facebook.com/frontcontrelislamophobie/

 

Signataires :

FUIQP (Front Uni des Immigrations et des quartiers populaires, comités :Lille, Marseille, Grenoble, Montpellier, Paris Banlieue) ; CRI (Coordination contre le racisme et l’islamophobie, section : Lyon, Saint Étienne, Marseille, Perpignan) ; Association des alliés de la paix, Bordeaux ; Association de la mosquée de Pessac ; COMNA ( Collectif des organisations Musulmans de Nouvelle Aquitaine) ; Le Collectif des musulmans de Montpellier ; Collectif stéphanois contre l’islamophobie et pour l’égalité ; Collectifs Ivryen contre la loi séparatisme ; La Fasti ; Comité BDS France Montpellier ; Mouvement des Femmes pour la Justice et l’Equité (MFJE) ; NTA Rajel ; PSM (Participation et spiritualité musulmanes) ; Association française de confession musulmane (FCM) ; Argenteuil Terre de Solidarité ; International Solidarity Movement – ISM ; Centre Francilien Philippe Grenier ; L’association ESPOIR FUTSAL 79 ; Association Al Fazari ; La Révolution est en marche ; Emergence Blanc Mesnil ; Al-Wissal association des étudiants Arabes de l’Inalco ; Lallab ; Association Rencontre et Dialogue de Roubaix ; Association Identité plurielle de Tourcoing ; Association Marocaine des Droits Humains Nord/France ; Association « Culture et vous, la culture pour tous » de Libercourt ; ORIW (Organization Racism and Islamophobia ; Action antifasciste Paris banlieue, ACTA ….

Personnalités :Abdourahmane Redouane président de la mosquée de Pessac ; Abdelaziz Chaambi membre fondateur du CRI ; Zakaria Seddiki (Consultant- Conférencier) ; Noureddine AOUSSAT, imam et enseignant ; Saïd Bouamama, sociologue et militant au FUIQP ; Omar Dourmane ;…

Lois séparatisme et sécurité globale, vous avez-dit « Convergence des luttes »: VRAIMENT?

DÉCLARATION DU FUIQP

Les dernières mobilisations contre la loi sur la « sécurité globale » et la loi « confortant les principes républicains » sont un miroir grossissant des contradictions qui traversent le mouvement social aujourd’hui.

Elles sont en effet caractérisées par une double tendance réductrice :

  • La tendance de certaines organisation à réduire la lutte contre la « sécurité globale » à la seule remise en cause de l’article 24 [ parfois réduit même à la seule question de la liberté de la presse]
  • La tendance à réduire la lutte actuelle à la seule loi sur la « sécurité globale » c’est-à-dire à occulter et invisibiliser la loi sur le « séparatisme » de l’agenda des mobilisations.

Au passage ce qui disparaît c’est la place particulière des attaques contre les immigrations, leurs descendants français et plus largement les habitants des quartiers populaires… Une nouvelle fois les luttes et les oppressions sont hiérarchisées et certaines d’entre elles sont silenciées. En témoigne l’absence de la signature de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives dans les appels à la manifestation contre la loi sur le séparatisme alors qu’elles étaient toutes présentes aux mobilisations antérieures contre la loi sur la sécurité globale.

Nous faisons ce triste constat à un moment où la peur et la tétanie se développe dangereusement chez les musulmans ou supposés tels.
L’ampleur des attaques islamophobes subies [dissolutions d’associations, perquisitions, menaces sur les financements associatifs, discours publics et médiatiques sur l’ensauvagement ou la sécession, etc.) et la faiblesse des réactions publiques et politiques suscitent un sentiment d’isolement et d’abandon porteur de conséquences importantes sur les conditions de luttes futures.

Un tel contexte est de fait un encouragement pour le gouvernement actuel à centrer l’ensemble de la campagne présidentielle qui s’annonce sur les pseudo « problème de l’immigration », sur la supposée «menace islamiste », sur les prétendus « communautarisme » et « sécessionnisme » menaçant des soi-disant « territoires perdus de la République », etc. Bref à faire d’une partie de la population définie par un marqueur d’origine, de couleur ou de religion un bouc émissaire servant de dérivatif aux colères sociales montantes.

Nous constatons également que certains responsables de ces organisations, aujourd’hui absentes de la mobilisation contre la loi sur le séparatisme, n’ont pas de mal à reprendre les argumentaires gouvernementaux quand il s’agit de se positionner sur l’islamophobie – notamment en se cachant derrière une laïcité totalement dévoyée pour occulter le développement d’une islamophobie d’Etat. Ces constats amers nous les faisons au moment où sont dissoutes, menacées de dissolution ou poussées à la dissolution plusieurs associations. Ces violations du droit à l’organisation collective d’une catégorie de citoyens, n’ont pas non plus donné lieu à de véritables mobilisations collectives.

L’islamophobie d’Etat n’est pas une question secondaire dans notre pays. L’occulter des mobilisations actuelles revient de fait à l’encourager. Alors que l’ensemble des projets de loi et des mesures actuels font système (sécurité globale, séparatisme, loi de programmation de la recherche, décrets sur les fichiers Pasp et Gipasp étendant le fichage policier aux « opinions politiques », etc.), l’occultation du versant islamophobe de la politique actuelle est porteuse une nouvelle fois de divisions profondes qui seront longues à résorber une fois installées. Le tournant autoritaire et sécuritaire du pouvoir qui caractérise notre actualité ne pourra pas être efficacement combattu en masquant une de ses principales cibles, les musulmans ou supposés tels. L’unité militante suppose la clarté.

Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires appelle:

  • À multiplier les initiatives contre la loi sur les pseudo-séparatismes en l’articulant aux autres attaques que nous subissons et en particulier à la loi sur la sécurité globale ;
  • A dénoncer publiquement tous les silences, tergiversations, euphémisations concernant l’islamophobie d’Etat et l’exigence du retrait total de la loi sur le séparatisme ;
  • A s’organiser dans chaque ville et quartiers de façon autonome afin de ne pas être les dindons de la farce d’une « convergence » conçue comme une négation des attaques que nous subissons, tout en construisant les mobilisations avec les alliés respectueux de nos droits.

Comme le disait Aimé Césaire il s’agit pour nous de « ne pas confondre alliance et subordination ».

Décembre 2020

Télécharger la déclaration « Convergence des luttes » : Déclaration Convergence des luttes 2020 FUIQP

Télécharger l’affiche « Convergence des luttes » : Affiche convergence des luttes 2020 FUIQP

Non aux dissolutions ! Nous sommes la solution !

COMMUNIQUE NATIONAL DU FUIQP

Mercredi 18 Novembre 2020, le ministère de l’Intérieur a notifié, par courrier, au Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) de son intention d’engager un projet de dissolution à son encontre.

Cette procédure de dissolution du CCIF s’inscrit dans la logique de répression islamophobe annoncée par le discours d’Emmanuel Macron aux Mureaux le 2 octobre 2020 dont les premières traductions concrètes ont été la dissolution de l’association Baraka City et des centaines de perquisitions de mosquées, d’ associations cultuelles et au domicile de particuliers. L’objectif n’est rien d’autre en plus de détourner les regards et les colères en pleine crise sociale et sanitaire vers les musulman.es, que d’intimider afin de re-silencier ceux qui ont osés ces dernières années dénoncer l’islamophobie d’Etat et exiger un traitement égalitaire pour les musulmans ou supposés tels. Ce projet gouvernemental de dissolution du CCIF ne saurait être dissocié de la proposition de loi contre le « séparatisme » et plus généralement de la gestion coloniale de l’islam et des musulman-e-s poursuivie par Macron dans la continuité des gouvernements précédents.

Cette gestion coloniale de l’islam et des musulman-e-s nécessite de mettre sous contrôle l’ensemble des acteurs musulmans et de réprimer toute voix musulmane autonome, discordante ou critique. Ainsi, le gouvernement attaque une organisation antiraciste, le CCIF, ayant pour but de combattre les violences et discriminations islamophobes, notamment par un accompagnement des victimes d’islamophobie et par la publication d’un rapport annuel dressant un état des lieux de l’islamophobie en France. Exploitant sans vergogne l’émotion suscitée par l’assassinat de l’enseignant Samuel Paty, le gouvernement franchit un pas de plus dans la gestion racialiste et sécuritaire des questions sociales et politiques dont l’impact s’étendra bien au-delà de l’association visée.

Par la dissolution du CCIF, le gouvernement espère certainement faire taire toute dénonciation de l’islamophobie ; et plus particulièrement la dénonciation de l’islamophobie d’État qu’il souhaite renforcer au travers de nouvelles législations. Pensant n’avoir plus face à lui de structures visant à lutter contre l’islamophobie, le gouvernement pense assurément qu’il aura les mains libres pour mettre en œuvre sa politique islamophobe de gestion coloniale de l’islam et des musulman-e-s. Il compte ainsi se donner les moyens de détourner durablement l’opinion publique des véritables questions qui se posent à notre société, celle de la paupérisation de masse.

En réponse, dans son communiqué, la CCIF a d’ores et déjà annoncé que ce projet de dissolution était « sans objet » car le siège social du Collectif contre l’islamophobie en France a été transférée à l’étranger afin de pouvoir poursuivre sa mission et de se protéger contre la politique autoritaire du gouvernement. Nous saluons cette décision qui est un signe de résistance. Nous appelons chacune et chacun à se mobiliser plus que jamais contre l’islamophobie. Ils tentent de briser un thermomètre afin de masquer une fièvre raciste destructrice. Visibilisons par notre mobilisation ce racisme d’Etat que l’on veut masquer et les fonctions politiques qu’il remplit.

Non aux dissolutions !  Nous sommes la solution !

Le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) condamne fermement cette attaque contre le CCIF et l’assure de son soutien dans sa lutte contre l’islamophobie et pour l’égalité. Nous soutenons aux côtés du CCIF et d’autres organisations les initiatives du 9 décembre et du 12 décembre contre la loi  » séparatisme ».

Face l’offensive islamophobe et sécuritaire du gouvernement, nous avons plus que jamais besoin de nous unir pour ne plus subir.