Tirons les leçons, sortons des postures

Reprenons l’initiative

Le verdict des urnes est tombé. Si le pire a été évité, le diagnostic de la société française que révèlent les résultats est alarmant et lourd de menaces pour les classes populaires en général, pour les immigrés et les héritiers de l’immigration immédiatement. Le racisme est en particulier l’islamophobie se sont profondément enracinés, l’idée de l’existence d’une cinquième colonne et/ou d’un ennemi de l’intérieur imbibe désormais une part importante de la société française et de ses classes populaires, l’attente d’un pouvoir musclé pour réprimer cette « colonne » et cet « ennemi » n’est plus marginale. Bref le racisme d’en haut, politique et médiatique s’est durablement, après plusieurs décennies de matraquage descendant, transformé en racisme d’en bas.

Une telle situation est d’autant plus dangereuse pour nos vies et celles des nôtres que nous sommes dans une société qui reste imbibée de plusieurs siècles d’esclavage et de colonisation, que nous sommes dans une séquence historique de crise de l’impérialisme français en Afrique, que nous vivons une période inédite de crise de légitimité et de représentativité du pouvoir, que cette période est aussi marquée par une désorganisation et un éparpillement des forces militantes progressistes en général et issues de l’immigration et des quartiers populaires plus particulièrement.

Nul besoin d’être devin pour prédire une libération de la parole et des agressions racistes, l’approfondissement d’une logique du droit inégal [entre français et immigrés ; entre les « vrais français » et les « français de papier »], d’une citoyenneté de plus en plus explicitement à plusieurs vitesse, d’une conception sanguine de la nation remettant en cause de plus en plus ouvertement le droit du sol, etc.

Face à ce diagnostic de quelles forces disposons-nous ? Les associations et organisations de l’immigration et des quartiers populaires sont éparpillées, groupusculaires, enfermées dans des querelles, des clivages, des concurrences, des postures, des besoins de reconnaissances, etc., qui empêchent toute réaction politique et stratégique commune viable. Nous sommes de ce fait fréquemment beaucoup plus violents entre nous que face à nos adversaires et même nos ennemis.  

La conséquence en est que nous sommes incapables de peser sur le rapport de forces politiques ce qui conduit à une histoire qui s’écrit sans nous c’est-à-dire contre nous. Alors que les héritiers de l’immigration et des quartiers populaires constituent près de 30 % des classes populaires de France,, notre parole est absente.  Alors que les révoltes des quartiers populaires de 2005 à 2023 illustrent l’ampleur de la rage et de la colère contre les violences policières, le racisme d’Etat [et l’Islamophobie d’Etat en particulier], les discriminations racistes systémiques [à l’accès et dans l’emploi, au logement, etc.], le soutien scandaleux à l’Etat génocidaire d’Israël, etc., elles ne trouvent aucun débouché politique et organisationnel susceptible d’influencer le rapport des forces.

Les résultats inquiétants de ces législatives ne changent rien à notre place objective dans cette société et aux conséquences politiques qui en découlent. Hier comme aujourd’hui, avant ou après les législatives nous restons massivement membres des classes populaires et partageons avec eux des intérêts de classes. Hier comme aujourd’hui nous sommes cependant toujours à une place particulière au sein de ces classes populaires [marquée par la surexploitation, les oppressions racistes spécifiques, les dangers quotidiens pour notre intégrité physique, etc.] qui rend nécessaire une organisation et une parole autonome sans lesquelles nos intérêts seront évacués de l’agenda politique, nos revendications invisibilisése et silenciées, notre dignité bafouée, nos vies en danger, etc.   

C’est pourquoi le FUIQP appelle à la fois à ne pas sombrer dans la tétanie, la paralysie, le nihilisme ou la posture du spectateur donneur de leçons d’une part et à sortir des postures d’affichage et de monopole d’autre part. Le mouvement autonome des immigrations et des quartiers populaires ne peut avoir qu’une structuration de front articulant diversité et unité, aussi divers que l’immigration et les quartiers populaires, aussi uni que le sont les intérêts des groupes sociaux et fractions de classes qui sont les nôtres. Pour cette raison nous appelons à organiser en commun des « Rencontres nationales de l’Immigration et des Quartiers Populaires »  afin de formuler les axes stratégiques nous permettant de nous « Unir pour ne plus subir ».

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

10/07/2024

VICTOIRE TOTALE DE LA LUTTE DES SANS PAPIER.ES D’EMMAÜS

Honneur et dignité à nos sœurs et frères en relevant la tête et le poing comme leurs ainé.es pour conquérir cette victoire héroïque, c’est aussi pour tous les travailleurs discriminés et exploités de ce pays la flamme de l’émancipation et de l’espoir qu’ils brandissent au plus haut.

Après un an de luttes et de multiples pressions des directions d’EMMAÜS du NORD le jugement du Tribunal Administratif de Lille est tombé le 5 Juillet 2024[1].

  • Reconnaissance du travail dissimulé des Compagnons sans papier.es esclavagisé.es par EMMAÜS, 
  • Condamnation de prison avec sursis et interdiction de gérer une association pour les cadres d’Emmaüs poursuivis, 
  • dédommagement et intérêts pour chaque compagnon gréviste etc. Tous leurs camarades qui le peuvent sont invités le 11 juillet à la fête de la victoire.

Les compagnons sans-papier.es d’Emmaüs Saint-André, Nieppe et Dunkerque sont conforté.es dans leurs demandes légitimes dénonçant des maltraitances quotidiennes et des humiliations racistes dont ils sont parfois victimes depuis plus de sept ans. Infractions mises en lumière dans une enquête préliminaire  ouverte en juin 2023 pour traite des êtres humains et travail dissimulé.

Pour casser le mouvement de grève, les directions ont assigné les compagnons en lutte en justice et avait obtenu la levée du blocage de l’activité, sous peine d’amendes ou d’intervention policière. Intervention policière qui s’est réalisée à Saint-André avec une quarantaine de policiers intervenant  sans mandat en novembre 2023 dans la communauté de Saint-André pour terroriser les grévistes et les empêcher d’installer leur piquet. Plusieurs grévistes ont été tabassés et gazés avant d’être séquestrés par les policiers à l’intérieur de la communauté pendant plus de 10 heures.  Les victimes, avec courage, ont continué la lutte en déposant des plaintes contre ces violences policières.

Pour leur apprendre à se révolter, les directions leur ont coupé leurs maigres allocations qui leur permettaient jusqu’à alors de survivre (entre 150 et 380 euros par mois). À Saint-André, la direction a même refusé d’allumer le chauffage dans les logements malgré les températures négatives, mettant gravement en danger les quelques 50 habitants de la communauté, dont plusieurs enfants en bas âge, personnes âgées ou gravement malades. À Dunkerque, la directrice a décidé de confisquer tout le matériel qui permettait aux compagnons de se divertir : jeux, matériel de musculation, thé…

Cette victoire est un début, il faut aussi obtenir ce qu’ils et elles attendent de la préfecture du Nord : la régularisation de leur situation au titre du préjudice subit et de la reconnaissance du statut de tavailleur.e que la dissimulation par EMMAÜS ne leur permettait pas de faire valoir

Forts de soutiens nombreux, celui du FUIQP en premier lieu, cette victoire est une première contre celles et ceux qui exploitent et esclavagisent les plus fragiles dont les sans papier.es en sont la pire illustration.

S’unir pour ne pas subir a été le moteur de leur lutte et ici comme ailleurs il faut se rappeler qu’aucun droit ne s’obtient en baissant la tête.

Tous les camarades qui le peuvent sont invités à la fête de la victoire

le 11 juillet à la halte Saint-Jean à Saint-André à 18h

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

09/07/2024


[1]    Jour du 62ème  anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, symbole  d’une victoire contre l’oppression et la domination raciale et économique de la France.

De la fascisation au fascisme sur fond de colonialisme ?

Le temps de l’action et de la détermination

Depuis des décennies l’»extrême-droite» [appellation euphémisée de partis et groupes fascistes] est instrumentalisée par un arc politique allant jusqu’au parti socialiste et parfois au-delà, pour légitimer la révolution conservatrice ayant comme ingrédients : la lutte contre toute forme de remise en question du racisme systématique, la remise en cause des conquis sociaux, la destruction des services publics, la paupérisation et la précarisation des classes populaires, les guerres pour le maintien des colonies ou pour la préservation du pillage impérialiste. Pour ce faire les gouvernements de droite ou de gauche qui se sont succédé, ont tous repris à leur compte les concepts, les logiques de raisonnement, les priorités, les cibles et les propositions de cette extrême-droite. Depuis plus de quatre décennies l’immigration et ses héritiers ne cesse d’être politiquement et médiatiquement construits comme « boucs émissaires » de tous les maux de notre société; l’islamophobie ne cesse d’être promue médiatiquement et politiquement; les violences policières ne cessent d’être banalisées en toute impunité; les guerres coloniales ne cessent d’être justifiées au prétexte de la « lutte contre le terrorisme »; le statut juridique des immigrations ne cesse d’être précarisé par des lois négatrices des droits humains les plus élémentaires.

Les résultats des élections européennes ne sont qu’une conséquence prévisible d’un processus de fascisation en cours depuis plusieurs décennies.

Ce processus de fascisation est devenu une nécessité pour préserver un système raciste contesté par les populations non-blanches.

Les héritiers de l’immigration et les habitants des quartiers populaires ne sont pas restés inactifs face à ce rouleau compresseur réactionnaire des gouvernements de droite et de gauche successifs. Des révoltes des quartiers populaires contre les violences et les crimes policiers au raz-de -marée contre le génocide en Palestine depuis huit mois, ce qui s’exprime dans la rue c’est l’exigence d’une rupture radicale : avec la colonisation, avec le racisme et l’islamophobie d’État, avec la précarisation de l’immigration, avec la fabrication légale d’une masse de «sans-papiers» corvéables à merci, avec les violences policières banalisées et les permis de tuer accordés légalement aux forces dites « de l’ordre ».  Le score de la liste LFI lors du dernier scrutin illustre cette exigence de changement. Ceux que l’on présentait comme des abstentionnistes congénitaux se sont déplacés aux urnes pour que cesse le temps des compromissions, du racisme et d’une colonisation qui ne veut pas disparaître.

Les héritiers de l’immigration et les habitants des banlieues de la République ne sont pas la cause de la montée du fascisme mais sont une partie essentielle de la solution pour le faire reculer.

Il ne suffira pas de quelques discours antiracistes abstraits et moraux, de quelques réformettes ne remettant pas en cause les politiques suprémacistes, de quelques promesses vagues pour que disparaissent les germes fascisants qui ont été inoculés dans la société française depuis quatre décennies alors même que les germes de plusieurs siècles de l’esclavagisme et de la colonisation n’avaient pas été éradiqués. C’est pour cette raison que le FUIQP appelle à l’auto-organisation des quartiers populaires et des immigrations pour peser dans le rapport de forces politique et cesser d’être un simple réservoir de voix aussitôt oubliées à la clôture des scrutins.

Il faut rappeler le quasi consensus jusqu’à une époque récente sur la négation des violences policières comme ne se limitant pas à de simples «bavures» individuelles, sur l’islamophobie travestie en défense de la laïcité, sur la fabrique des sans-papiers et la restriction du droit au séjour au prétexte que «l’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde», sur la participation à des guerres coloniales au prétexte de lutter contre des dictatures ou contre le terrorisme.

L’auto-organisation des quartiers populaires et des héritiers de l’immigration reste une question posée et à résoudre aujourd’hui comme après les législatives. Le FUIQP appelle à poursuivre ce combat par la prise d’initiatives communes dès la clôture du scrutin de ces législatives décisives.

Ce rappel des tâches de longue durée ne doit pas nous rendre aveugles ou indifférents aux tâches immédiates. Le rapport de forces dans ce pays sera inévitablement modifié par les prochaines législatives. Le temps n’est plus aux tergiversations, aux débats désincarnés sur les virgules, aux postures puristes. Nous devons arrêter l’incendie. Le FUIQP appelle à participer massivement à toutes les mobilisations contre le fascisme, à amplifier la lutte contre le racisme systémique et le colonialisme et à voter massivement pour le Nouveau Front Populaire, et plus particulièrement pour les candidates et candidats La France Insoumise, qui ont dénoncé les violences policières et le génocide en Palestine. Cette position ne signifie aucune illusion, ni aucun oubli des divergences de fond avec certains partis de ce Nouveau Front populaire sur les violences policières, l’islamophobie, la condition immigrée, les discriminations systémiques ou encore la Palestine.

Plus un seul pas en arrière, continuons, organisons-nous dans nos villes et nos quartiers, amplifions la résistance; il est question encore et toujours de nos existences, de celles de nos frères, soeurs, enfants, camarades, ici, et là-bas !

Notre vote est celui de la conscience politique et de la prise en compte du rapport des forces.

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)

15/06/2024

Contre le massacre à Rafah et en Palestine !

Le 8 mai dernier, nous écrivions que  « l’offensive coloniale sur Rafah se transformera nécessairement en massacre de masse ».

Dimanche, un nouvel épisode sanguinaire de la guerre génocidaire menée par l’Etat colonial israélien contre le peuple palestinien de Gaza est venu tragiquement corroborer nos propos.

L’armée sioniste a attaqué un centre de personnes déplacées dans la ville du sud de Gaza. Les premières images nous montrent des tentes abritant les réfugiés en flammes. L’attaque a fait au moins 45 morts selon les derniers bilans.

Ce bilan provisoire risque malheureusement d’augmenter en raison du nombre de personnes souffrant de blessures graves.

Trois jours après que la Cour internationale de justice (CIJ) ait demandé à l’État colonial de cesser son offensive contre Rafah, le massacre de l’armée sioniste est un défi à la justice internationale et au monde.

Toutefois, ce massacre n’a été possible que parce que les puissances occidentales, les Etats-Unis et la France notamment, le permettent en soutenant l’Etat colonial israélien jusque dans ses abjections les plus sanglantes.

Malgré ces massacres de masse et en dépit de toutes les tentatives visant à l’annihiler et à l’expulser, la détermination du peuple palestinien à vivre libre sur sa terre demeure intacte.

Contre la guerre génocidaire d’Israël à Gaza, dont le massacre de Rafah est le dernier épisode, nous devons plus que jamais nous mobiliser.

Occuper est un crime, résister est un droit !

Palestine vivra !

Palestine vaincra !

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

28/05/2024

L’Algérie a vaincu, Kanaky vaincra

« Etat d’urgence », « couvre-feu », envoi de troupes, censure, milices de colons, manipulation du corps électoral, etc., ces termes évoquent, pour beaucoup, la pire période de la « pacification » en Algérie après le vote des pouvoirs spéciaux en 1956. Le retour de ces termes et pratiques en Kanaky en 2024 avec les mêmes conséquences immédiates (déjà cinq morts et des centaines de blessés), les mêmes objectifs (empêcher l’accès à l’indépendance exigé massivement par le peuple), la même propagande (lutte antiterroriste, protection des colons, stopper une violence aveugle et fanatique, rétablissement de l’ordre, etc.), suffit à diagnostiquer les « troubles » et « événements » (autres termes communs aux discours sur l’Algérie de la décennie cinquante du siècle dernier et à ceux sur la Kanaky aujourd’hui) en cours : une guerre coloniale opposant un Etat impérialiste et ses forces militaires et policières d’une part et un peuple aspirant à vivre libre et souverain.

Le peuple kanak n’a jamais accepté la colonisation. Depuis l’arrivée des troupes françaises en 1853 la résistance n’a jamais cessé. En témoigne les grandes insurrections de 1878 et 1917 qui furent noyées dans le sang : « En 1878, une prime était donnée pour chaque paire d’oreilles de soi-disant rebelle tué. Comme les soldats apportaient des oreilles de femmes et d’enfants, on édicta qu’il faudrait apporter les têtes et l’on tint état de ces macabres pièces à conviction. En 1917, à la dernière rébellion, la prime était de 20 F pour un prisonnier et de 25 F pour un mélanésien mort! » rappelle l’ethnologue Jean Guiart.

La résistance du peuple Kanak a contraint le pouvoir colonial à reconnaître formellement le droit à l’autodétermination dont l’ONU exige le respect depuis 1946. La loi dite de « dégel du corp électoral » votée par l’Assemblée nationale dans la nuit du 14 au 15 mai vise à modifier le corps électoral pour piper le résultat du vote d’autodétermination en octroyant à des colons non nés en Kanaky et à leurs descendants le droit de vote sur l’avenir du pays. Avant cette loi qui n’est rien d’autre qu’une tentative d’imposer de force le maintien de la colonisation, seuls les personnes inscrites sur les listes électorales avant la date de signature des accords de Nouméa en 1998 et leurs descendants pouvaient voter au référendum d’autodétermination. Une telle pratique revient à la logique décrite par le grand dramaturge progressiste Berthold Brecht qui disait : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple. » Devant une telle violence institutionnelle et légale, le peuple Kanak n’avait et n’a qu’un seul choix : soit renoncer à son droit à l’indépendance, soit se révolter. Nous avons ici une nouvelle confirmation de la nécessité de ne pas confondre légitimité et légalité. L’esclavage fut jadis légal mais jamais légitime, l’apartheid fut légal mais toujours illégitime.

Comme toutes les colonisations derrière cette violence « légale » se cache la défense d’intérêts économiques et géostratégiques :  1) 20 % des réserves mondiales prouvées de nickel se trouve en Kanaky, 2) la « zone économique exclusive » c’est-à-dire de la zone maritime dont dispose légalement la France du fait de sa possession de la Kanaky recouvre . une superficie de 1 740 000 km2 riche en métaux rares et prometteuse en hydrocarbures, 3) La Kanaky est un nœud stratégique pour le contrôle de la zone Asie-Pacifique, etc. 

Hier comme aujourd’hui, en Kanaky et en Palestine comme ailleurs, la colonisation n’a pour seule raison d’être que le profit et les enjeux géostratégiques permettant de le maximiser.

Vive la lutte du peuple Kanak pour son indépendance

Occuper est un crime, résister est un droit

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP)

Contre l’expulsion d’Abdourahmane Ridouane

L’État a exprimé sa volonté d’expulser du territoire français le Président de la mosquée de Pessac, Abdourahmane Ridouane, en raison de son engagement en faveur du peuple palestinien et de sa critique de la politique néocoloniale française en Afrique, notamment au Niger, son pays d’origine.


La procédure d’expulsion d’Abdourahmane Ridouane s’inscrit dans le cadre d’une politique islamophobe de répression et d’étouffement de toutes les voix musulmanes dissonantes et contestataires.


Contre cette politique de gestion coloniale de l’islam et des musulmans, le FUIQP appelle celles et ceux qui sont victimes d’islamophobie à s’organiser et à se mobiliser afin de pouvoir résister aux politiques islamophobes de l’Etat français. 


Nous refusons l’expulsion de Monsieur Abdourahmane Ridouane et de tous les acteurs de l’islam vivant sur le territoire français. 


Nous rappelons notre droit, et même notre devoir, de soutenir le peuple palestinien dans sa lutte légitime. De même, nous rappelons notre droit, et notre devoir, de dénoncer la « françafrique » qui pille les peuples africains de leurs richesses. 


Résister est un droit, coloniser est un crime!

Communiqué du Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

26/05/2024

PS : Pétition de SOUTIEN À ABDOURAHMANE RIDOUANE, PRÉSIDENT DE LA MOSQUÉE DE PESSAC, MENACÉ D’EXPULSION PAR GÉRALD DARMANIN

Attaque de Rafah, mobilisons-nous

Après sept mois d’une guerre génocidaire qui a déjà fait plus de 34 000 morts, dont 40% d’enfants, plus de 7 000 disparus et 1,9 million de déplacés sur une population de 2,1 millions d’habitants, l’armée d’occupation israélienne a lancé son offensive terrestre sur la ville frontière de Rafah où 1,5 million de Palestiniens de Gaza se sont réfugiés.

Avant même le lancement de cette offensive, le responsable des territoires palestiniens au Programme alimentaire mondial de l’ONU, Matthew Hollingworth, avertissait que la situation humanitaire à Rafah était dramatique : « il n’y a pas un autre endroit dans le monde où un aussi grand nombre de personnes font face à une famine imminente ».

La prise de contrôle des frontières entre Gaza et l’Egypte par l’armée coloniale réduit encore l’accès des Gazaouis à l’aide humanitaire pourtant vitale pour une population exsangue. Ainsi, dans ce contexte humanitaire déjà catastrophique, l’offensive coloniale sur Rafah se transformera nécessairement en massacre de masse.

La logique coloniale derrière l’attaque sur Rafah est celle que décrivait déjà l’intellectuel palestinien Edward W. Said : « l’idée [est] de frapper les Palestiniens de façon la plus cruelle, de leur rendre la vie intolérable, de les étouffer pour les amener à se dire qu’ils ne peuvent plus rester là ».

En France, nous faisons toute confiance au gouvernement d’Emmanuel Macron pour apporter un soutien inconditionnel aux autorités coloniales israéliennes dans leur volonté d’en finir avec les Palestiniens. Nous faisons particulièrement confiance au ministère de l’Intérieur pour réprimer toute expression de solidarité avec le peuple palestinien victime d’une colonisation infâme. Nous faisons également toute confiance à une Justice aux ordres pour légitimer l’injustice de la répression de l’expression de la solidarité avec le peuple palestinien.

 Parce que les Palestiniens de Gaza ne sont pas des « animaux humains » comme l’a affirmé le ministre de la Défense israélien, Yoav Galant, le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) appelle à participer et à multiplier les initiatives exprimant notre solidarité avec le peuple palestinien.

Palestine Vaincra !

Palestine Vivra!

Communiqué du FUIQP

08/05/2024

Justice pour Nahel Merzouk et toutes les victimes de crimes policiers !

Le 27 juin dernier, Nahel Merzouk, 17 ans, était tué à bout portant à Nanterre par un fonctionnaire de police.

En réaction aux images de cette immonde mise à mort, la rage et la colère accumulées depuis des années se sont exprimées dans un embrasement dévastateur durant plusieurs jours.

Pour tenter de calmer cette colère légitime, le policier qui a tué Nahel Merzouk avait été inculpé pour homicide volontaire et placé en détention provisoire le 29 juin 2023.

Mercredi 15 novembre, le juge d’instruction chargé de l’enquête a décidé de libérer ce policier pourtant toujours inculpé d’homicide volontaire. Le fonctionnaire de 38 ans est désormais placé sous simple contrôle judiciaire.

Le policier pourra ainsi rentrer chez lui pour vivre en famille et reprendre son travail. Sans être sur la voie publique, il pourra occuper des postes administratifs car il lui est quand-même interdit de porter une arme. Ajoutons également qu’il pourrait profiter d’une cagnotte soulevée par un agitateur raciste.

Ce fonctionnaire de police qui a tué Nahel Merzouk, aura donc fait moins de cinq mois de prison avant d’être libéré.

Cette remise en liberté est en réalité une mise en danger car elle envoie une autorisation aux passages à l’acte raciste à tous ceux et à toutes celles qui, en possession d’une arme de fonction, sont en capacité d’ouvrir le feu sur des personnes non-blanches.

Face à ce déni de justice c’est la question même de notre humanité qui se pose. La vie de nos frères n’a-t-elle que si peu de valeur ? Les Arabes, les Noirs ou les Roms sont-ils à ce point déshumanisés pour que leurs assassins soient si peu punis ?

Face à cette injustice manifeste, le FUIQP se doit de rappeler cette évidence niée par la suprématie blanche : Nos vies comptent !

Elles comptent autant que celles de n’importe quel être humain sur cette planète car nous refusons d’être traités comme des sous-hommes dont les vies seraient dénuées de valeur.

Nahel Merzouk vivait et sa vie comptait !

C’est parce que la vie de Nahel Merzouk comptait que nous continuerons à nous battre aux côtés de sa famille et de ses proches pour que justice lui soit rendue ; pour que justice nous soit rendue. Mais pour que justice soit rendue, il nous faudra lutter avec patience et persévérance.

Dénoncer les crimes racistes et le racisme systémique est un devoir. Résister à l’oppression est un droit sacré et inaliénable. Nous organiser pour faire valoir nos droits est une urgence absolue.

Pas de justice, pas de paix !

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

19/11/2023

De nos banlieues à la Palestine, justice globale et totale

Ils auraient voulu nous faire taire avec leurs bottes de l’oppression écrasant nos poitrines, nos cœurs, nos solidarités et notre soutien au peuple palestinien.

Comme lors des révoltes contre les crimes policiers, ici.

Nous avons répondu présent de jour en jour malgré les interdictions; malgré leur répression.

De Paris à Gaza résistance, résistance!

La résistance est la voix de l’existence !

Si nous sommes ici tous ensemble c’est parce que nos quartiers populaires qu’ils veulent faire taire avec leurs violences policières et coloniales, ont une histoire et une mémoire.

La mémoire notamment de la défense et la résistance des peuples opprimés par le colonialisme, par l’impérialisme, par le racisme et par l’islamophobie.

Cette mémoire des solidarités anti-colonialistes et antiracistes va de l’Étoile Nord-Africaine dans les 1920-1930 au Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires aujourd’hui en passant par le Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) dans les années 1970.

Si nous marchons debout la tête haute, le poing levé de Paris à Gaza, dans nos quartiers populaires, c’est pour dire et ne pas taire une vérité historique:

Occupé est un crime, résister est un droit!

Car aujourd’hui certains voudraient voir le peuple palestinien uniquement comme un objet de l’histoire victime passive de la violence coloniale.

Ils lui refusent le droit d’être un sujet de l’histoire résistant à l’oppression coloniale qu’il subit.

La résistance à l’oppression est un droit inhérent de l’Homme ; il est même constitutif de l’humanité du colonisé que le colonisateur veut déshumaniser.

C’est pourquoi le colonisé qui se révolte a raison !

Qui sème la hogra récolte l’intifada !

De nos banlieues à la Palestine, justice globale et totale !

C’est pourquoi nous serons demain a Nanterre à 15h, pour dire :

Justice pour Nahel, pour tous nos frères, pour nos enfants !

Justice pour nos frères et sœurs en Palestine !

Pas de justice, pas de paix

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

Paris, 18/11/2023

Palestine : résister est un droit !

« La cause palestinienne doit être au centre de toute stratégie libératrice. »

Mounir Chafiq, intellectuel palestinien

La colonisation de la Palestine a commencé en 1917 avec la déclaration Balfour. Dans le contexte de la Première Guerre mondiale (1914-1918), le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Arthur Balfour, a déclaré que le Royaume-Uni était favorable à l’établissement d’« un foyer national pour le peuple juif » en Palestine ; terre alors habitée par le peuple arabe palestinien.

Ce projet de colonisation de peuplement a commencé à être mis en œuvre avec le partage des territoires arabes de l’ancien Empire ottoman entre la France – Liban et Syrie – et le Royaume-Uni – Palestine, Jordanie et Irak – en 1920. Les Britanniques favorisèrent la colonisation sioniste durant la période du mandat (1923-1948) où ils occupèrent la Palestine.

Après l’implantation durant le mandat britannique, la colonisation de peuplement de la Palestine rentra dans une seconde phase avec le vote du plan de « partage » du territoire palestinien à l’ONU, le 29 novembre 1947. Décidé par les grandes puissances de l’époque, ce « partage » de la Palestine, qui était une opération de spoliation de la terre palestinienne, se fit sans consulter le peuple palestinien. Le « partage » avait pour seul but de réaliser « légalement » le projet colonial sioniste de constitution d’un Etat ethnique en Palestine.

Projet de colonisation de peuplement, le nouvel Etat fut construit sur le nettoyage ethnique de la population palestinienne qui fut chassée de ses terres. En 1948, environ 800 000 Palestiniens sur les 900 000 qui habitaient les territoires occupés par Israël, furent expulsés en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie, au Liban ou en Syrie.

Le projet colonial ne se limitait pas aux territoires occupés en 1948. Il comprenait la colonisation de l’ensemble de la Palestine et la domination du Machrek afin de préserver les intérêts impérialistes. Le projet colonial se poursuivit par l’attaque des pays arabes par Israël en juin 1967. La défaite des pays arabes entraina l’occupation de nouvelles terres : la Cisjordanie, Gaza, le Golan syrien et le Sinaï égyptien. Suite à cette défaite, 300 000 Palestiniens furent expulsés de leur terre.

Depuis juin 1967, la population palestinienne est divisée en trois grands groupes : les Palestiniens de 1948 vivant au sein d’Israël qui sont soumis à un statut d’exception de sous-citoyens ; les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza qui vivent sous occupation militaire israélienne ; et les Palestiniens réfugiés hors de la Palestine.

Aujourd’hui, la population de Gaza, qui est composée à plus de 80% de descendants de réfugiés du nettoyage ethnique de 1948, vit sous un blocus depuis plus de 16 ans. La population de Cisjordanie vit sous occupation militaire afin, notamment, de protéger les colonies de peuplement qui y ont été implantées par Israël depuis 1967.

L’Etat sioniste ne peut maintenir sa domination coloniale sur le peuple palestinien qu’avec le soutien inconditionnel des Etats-Unis et du bloc occidental qui financent son armée d’occupation.

En effet, l’Etat colonial israélien est « la citadelle de l’impérialisme américain » dans cette région d’une importance économique et géostratégique décisive. Cette citadelle, dotée de l’arme nucléaire, est garante notamment de l’accès de l’économie occidentale (dont bien sûr la France) aux gisements pétroliers et gaziers de la région. C’est donc les impérialismes de tout l’Occident que doit affronter le peuple palestinien pour sa libération. Pour ces raisons, cette résistance est centrale dans les luttes anti-impérialistes.

Face à ce contexte de colonisation de peuplement, de nettoyage ethnique et d’oppression coloniale en général, nous rappelons que, dans la perspective anticolonialiste qui est la nôtre, résister est un droit fondamental des peuples colonisés où qu’ils soient sur la planète et quel que soit leur colonisateur.

Nous rappelons également que, comme l’affirmait Nelson Mandela, « c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte ».

En France, le soutien à la lutte du peuple palestinien a longtemps été minoritaire en raison de la culture coloniale hégémonique dans l’Hexagone. La déshumanisation des non-Blancs en général et des Arabes en particulier et l’identification à un projet colonial occidental expliquent le large soutien dont Israël a longtemps bénéficié à gauche comme à droite de l’échiquier politique français. Rappelons qu’en 1948, tous les grands partis politiques français, dans un unanimisme colonial, ont salué le nettoyage ethnique de la Palestine.

Seule l’immigration maghrébine, au travers de ses organisations comme le Parti du Peuple Algérien (PPA), fut à cette date un réel soutien du peuple palestinien dans sa lutte anticolonialiste légitime.

Après la défaite de 1967, le soutien à la cause palestinienne s’est élargi à de nouveaux secteurs de la société au travers notamment des Comités Palestine. Néanmoins, l’immigration arabe est restée au cœur du mouvement de solidarité avec la constitution dans les années 1970 du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA) qui fit de la Palestine un élément central de sa mobilisation.

Journal du Mouvement des Travailleurs Arabes (MTA)

Si durant de nombreuses années, la solidarité avec le peuple palestinien a été stigmatisée, depuis 2014 et l’interdiction des manifestations en faveur de la Palestine par Manuel Valls, nous assistons à une répression et à une criminalisation du soutien à la cause palestinienne.

Une nouvelle étape a été franchie ces derniers jours par le gouvernement Macron-Darmanin avec l’interdiction systématique de toutes les manifestations de solidarité avec la Palestine, les amendes infligées aux manifestants, les arrestations et les mises en garde à vue de personnes ayant exprimé leur solidarité avec le peuple palestinien, le signalement au parquet de toute expression publique ne correspondant pas à la ligne déterminée par le gouvernement, etc.

Toutes ces attaques sont de graves atteintes aux droits et libertés fondamentales qui démontrent encore une fois un processus de fascisation extrêmement inquiétant. 

Ce basculement et la répression du mouvement de solidarité avec la Palestine a pour fonction de préserver le racisme systémique en vigueur ici en France et de défendre l’impérialisme français là-bas. La solidarité avec la Palestine est historiquement un facteur déterminant de la politisation des Quartiers Populaires en général et de l’immigration maghrébine en particulier. Cette politisation par la Palestine ne va pas sans remise en cause du racisme systémique et du contrôle social des habitants et habitantes des Quartiers Populaires à l’œuvre dans l’Hexagone.

De plus, face aux mobilisations des non-Blancs contre le racisme systémique, ce dernier se maintient en remettant en cause les droits et libertés démocratiques qui peuvent permettre de contester la suprématie blanche. Encore une fois les dominants préfèrent faire le lit du fascisme plutôt que de voir leurs intérêts remis en cause.

Occuper est un crime, Résister est un droit !

Palestine vivra, Palestine vaincra !

Carte de la Palestine

Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires

01/11/2023